Une charge égoïste contre une charge héroïque


Il y a plus d’une quinzaine, j’ai bien failli me fâcher avec deux copines. L’une est infirmière libérale tandis que l’autre, autoentrepreneur en bijoux vient d’ouvrir sa boutique en centre-ville.
Toutes deux se sont plaintes du poids des charges ponctionnant aux deux-tiers leurs « revenus » (leur Chiffre d’affaire ?) :
– « c’est insupportable !
– cela tue le petit commerce.
– Et après ça, « ils » se plaignent que tout ferme alors que ça vaut plus le coup (coût ?!) de travailler … »

Bref, la litanie habituelle à laquelle s’est ajoutée la méthode pour payer moins : le choix du statut d’exploitation, de la mutuelle, de la protection sociale en général …
L’une jongle entre les « modes de remboursement », le sien et celui de son conjoint, selon les pourcentages de prise en charge. L’autre a préféré le statut d’autoentrepreneur plutôt que celui d’artiste-créateur pour que ses cotisations lui permettent une prise en charge maladie et vieillesse pour ne être « plumée » par le régime du RSI (très décrié ! ici et ). Là, j’ai un peu tiqué intérieurement car j’avais cru comprendre que les autoentrepreneurs étaient soumis au RSI (OUI, MAIS un régime spécifique tout de même) …

Pour autant, tout ce que ces deux femmes sont incapables de comprendre, c’est qu’au-delà du montant des cotisations (avec un organisme et un régime bénéficiant de la solidarité financière du régime général des salariés …), c’est LEUR catégorie professionnelle qui est LE problème.
En effet, parce qu’elles ne bénéficient pas d’une structure de type « société de capitaux », leurs rentrées d’argent sont doublement ponctionnées, comme employeur ET comme employée. Parce qu’elles sont leur propre patron (même s’il est vrai que dans le cas présent c’est dans le cadre d’une « entreprise »  modeste), elles « oublient » également que leur patrimoine professionnel est un patrimoine, une richesse, une propriété, une valeur non encore liquide (qu’on pourra espérer voir croître pour elles) … Bien dont ne profitera jamais un salarié ordinaire lorsqu’il quittera son emploi, en cas de vente de l’entreprise ou de départ à la retraite.

C’est là que réside, à mon sens le problème. Depuis qu’à la Libération, ceux qui se croyaient « nantis » (professions libérales, commerçants …) ont tout simplement refusés d’être affiliés au régime général de la protection sociale tel que l’envisageait le programme de la résistance …
Or le monde a changé. Pas elles, pas eux.
Elles vont encore râler contre les charges, les salariés et tout ce reste qui les maintient pourtant hors de l’eau …

Fultrix.

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Un commentaire pour Une charge égoïste contre une charge héroïque

  1. christian dit :

    A chaud , comme ça , j’ai envie de dire que le plus facile pour le percepteur c’est d’imposer la classe moyenne constituée par tous ceux qui veulent , peu ou prou, réussir dans la vie , celle évidemment formatée par le systême économique qui est le nôtre, ce qui est le vrai problème.
    Le travail facile n’est pas forcément la voie royale du changement pour répondre aux temps nouveaux : les candidats aux responsabilités comme tout un chacun devrait en être persuadé avec les élections nationales qui s’approchent .

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