La Chine plus que la Grèce


Depuis quinze jours, nous avons droit au suivi quasiment heure par heure aux négociations entre la Grèce et ses partenaires politiques et économiques. Les journalistes, friands de situations catastrophiques bonnes pour les taux d’audience, nous rebattent les oreilles avec les évolutions, retournements et postures des uns et des autres.

Oui, la situation est grave.
Oui, l’avenir de l’Europe, par rapport à ses choix politiques, idéologiques et économiques, engage son pronostic vital et celui de ses populations (soit dit au passage, je suis fatiguée d’entendre les trop nombreux « intervenants » évoquer le ou les « peuples » qui souffrent. Le terme « population » devrait suffire -anonyme, en genre, en nombre, en nationalité)
Mais, depuis le début, il faut s’interroger sur le poids de ce pays dans l’économie mondiale … puisque désormais, la planète est notre jardin.

Et c’est là que la santé de la Chine, en pleine difficulté boursière, précédée et bientôt suivie par une crise de l’économie réelle, devient plus préoccupante … n’en déplaise à nos amis grecs.
Un ami me précise que le 10 juillet 2015, la bourse de Shanghai vient de remonter de 8%. Je ne partage pourtant pas son optimisme à cause de la qualité des détenteurs de valeurs boursières : une large majorité de particuliers (déjà qu’en Europe, nos « Zinzins » ont trop souvent des nervosités de jeunes filles, il apparait vain d’espérer du sang froid de la part de personnes privées se constituant par la bourse un patrimoine de secours – retraite et autre-).
Il risque d’y avoir des répercutions sur la dette américaine, largement détenue par les Chinois (source d’inquiétude lors de la crise de 2007-2009) qui vont devenir vendeurs pour trouver des liquidités, à un moment ou un autre. Les Chinois détiennent également de la dette souveraine européenne. Entre leur difficultés face à la récession mondiale qui plombe leur commerce extérieur et le marché boursier chinois qui menace le « matelas » pour les mauvais jours, la recherche de liquidité devient un problème endémique dans l’empire du milieu.

Fultrix.

Mise à jour en date :
– du 28/07/15 : nouvel effondrement boursier.
– du 13/08/2015 : dévaluations et conséquences.

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European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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2 commentaires pour La Chine plus que la Grèce

  1. caligula63 dit :

    Ave!

    C’est en consultant un site consacré à la Chine ( http://www.questionchine.net/severes-secousses-sur-les-marches-boursiers-debut-de-panique ) que j’ai appris qu’il y avait un début de crise. Après quelques recherches, plus de doutes possibles, les bourses chinoises étaient bel et bien dans le rouge. Il a fallu attendre que la bourse de Tokyo plonge à son tour pour que les journalistes daignent en parler.

    J’ai même lu un article qui, en gros, mettait ça sur le compte de la croissance chinoise qui plafonnerait à 7% cette année. http://bourse.lefigaro.fr/indices-actions/actu-conseils/le-krach-chinois-commence-a-toucher-d-autres-marches-4362900
    7%! Je connais des gouvernements occidentaux qui vendraient leur pays pour avoir une croissance moitié moins élevée…

    Après avoir tout fait pour que la Grèce intègre l’UE – pour éviter qu’elle ne tombe dans les bras de la Russie – les dirigeants européens se creusent la cervelle pour savoir comment faire pour la garder… Un effacement d’au moins une partie de la dette est inévitable, mais le problème, pour Bruxelles, est que les autres États sous perfusion pourraient être tentés de demander la même chose…

    Mais le pire, je pense, a été atteint lors du résultat de referendum. La question que se posaient tous les journalistes était à peu près de cet acabit: « Fallait-il demander son avis au peuple grec? »
    J’imagine que si ces braves journalistes devaient payer les taxes et voir leur pouvoir d’achat diminuer, comme en Grèce, ils seraient les premiers à aller défiler entre Bastille et Nation…

    Cependant, j’avais bien aimé le pied-de-nez que le premier Ministre grec avait adressé à l’UE.
    http://www.romandie.com/news/La-Grece-et-la-Russie-signent-un-accord-pour-un-gazoduc-russe/604158.rom
    Sympathique…

    • fultrix dit :

      Ave !
      Le dossier grec relève du dossier à étages.
      Il pointe :
      – l’inachèvement de la construction européenne et son dévoiement mercantile « libéral »
      – le manque de structures ayant autorité sur les pays pour exiger un respect des normes, des règles communes, un contrôle extérieur susceptible de froisser les souverainetés, etc,
      – la suffisance de certains gouvernements envers leurs homologues « du sud » dans un esprit d’inégalité …
      – tandis que la demande d’aide auprès « du grand frère » relève d’un réflexe quasi pavlovien d’un mouvement politique ancré à gauche, tendance « rouge », sûr de donner de l’urticaire aux plus conservateurs de droite. C’est aussi un rappel historique que l’Europe s’est trouvée favorisée par sa vocation anti-communiste dans une logique de « guerre froide », redevenue à la mode depuis l’affaire géorgienne (Ossétie), puis ukrainienne.
      – et de façon plus locale, il éclaire les difficultés des populations grecques, du manque de sérieux des dirigeants locaux et le goût pour la « combinacione » faute d’un état « fort ».

      Et pour se convaincre des difficultés à venir : http://www.ekathimerini.com/199489/article/ekathimerini/news/italys-finmin-says-only-three-states-supported-deal-with-greece

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