L’étiquette indigeste


Découpe viande

Formidable !
Alors que les associations de consommateurs s’éreintent à obtenir des informations claires et détaillées sur les produits conditionnés mis en vente, les parlementaires exigent la simplification de l’étiquetage des viandes mises en barquettes au rayon boucherie.

Nous parvenons au comble de l’absurde après le scandale de la viande de cheval dans les lasagnes « pur bœuf », sans remonter jusqu’à la vache, folle d’avoir mangé de la carcasse animale mal cuite …

Moi qui ai été jusqu’à déployer des trésors d’inventivité auprès du boucher du supermarché afin de lui faire remettre le détail des carcasses en découpe, je suis tout simplement en colère !
Une fois de plus, certains prennent les consommateurs pour des imbéciles : après la cave déstructurée, la viande à la coupe en vrac.

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Quand, il y a quelques mois, le journal TV annonçait l’information, une réminiscence s’est imposée : la visite d’un supermarché du temps de Ceausescu, en Roumanie, avec des produits immondes dans des conditionnements infectes.
En France, aujourd’hui, de but en blanc, il a fallu renoncer à la bavette, à l’araignée, à la poire et au merlan, oublier le rond de gîte, la noix pâtissière et le rumsteak.
Pour une petite-fille de bouchère, c’est une véritable catastrophe.

J’ai finalement pu en discuter avec le boucher de la grande surface. Il est atterré.
Il déplore la casse du métier et la chute des ventes de certaines pièces autrefois recherchées. Il est d’autant plus consterné que la mesure serait impérative et qu’il ne maîtrise pas l’intitulé pour maintenir l’ancienne appellation, la centrale ayant la main sur les étiquettes. Elle calibre l’étiquetage et les magasins s’y approvisionnent par l’intranet.
90% de la clientèle protestent. Rien à voir avec les statistiques officielles et les satisfactions affichées par nos ministres et autres « responsables » qui décident pour nous, sans concertation préalable semble-t-il .
J’habite dans un département agricole, avec une race à viande en plein renouveau. Comment la mettre à l’honneur si chaque morceau n’est pas clairement identifiable ?
C’est à croire à une nouvelle entente entre des grandes surfaces et certains industriels pour nous conditionner à manger de la « bidoche » sans broncher, en nous infantilisant.
C’est proprement insupportable.
Notez cependant que contrairement à ce que laissait entendre mon boucher, les nouvelles mentions n’empêcheraient pas le maintien des anciennes « Les appellations en usage localement, les mentions complémentaires facultatives prévues en annexe, ainsi que les indications relatives au mode de cuisson ou à la destination culinaire conseillés peuvent être utilisées conjointement avec la dénomination usuelle.  » c’est du moins ce que dit l‘arrêté de 1993 modifié à cette occasion en juillet 2014.

J’envisage sérieusement de me fournir ailleurs pour être sûre de la provenance et de la qualité de mon alimentation, si mon porte-monnaie parvient à suivre.
A moins que le supermarché ne revienne à la bonne pratique de la boucherie avec un étal, du personnel …
Fultrix.

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A propos fultrix

European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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2 commentaires pour L’étiquette indigeste

  1. caligula63 dit :

    B’jour!

    Histoire d’alimenter votre moulin, voici une dépêche qui vous ravira (façon de parler, bien entendu): http://www.romandie.com/news/Trafic-de-viande-de-cheval–26-arrestations-en-Europe/587619.rom

    J’ajouterai que suite au scandale de la vache folle, il avait été décidé de retirer de la vente la fraise de veau et les ris du même animal. Or, quelques mois plus tard, les ris avaient été ré-autorisés à la consommation, pour la simple et unique raison qu’ils étaient plébiscités d’une partie des consommateurs.
    Pour ma part, sans être un inconditionnel des abats, j’ai toujours aimé la fraise. Aliment simple à cuisiner, nourrissant et pas gras du tout, comme bon nombre d’abats.

    • fultrix dit :

      Là, pour le coup, les abats, je ne cuisine pas, cela repartirait en cuisine après avoir été reniflé avec dégoût par le petit personnel.
      Je constate que le consommateur n’a pas toujours de la suite dans les idées en matière de sécurité alimentaire. C’est bien dommage, les industriels seraient plus sérieux.
      Merci pour votre lien sur le trafic de la viande de cheval.
      Cela me rappelle un scandale dans les années 80 sur un trafic de viandes de chevaux de selle proposées à la boucherie alors que les bêtes étaient bourrées d’antibiotiques, les rendant impropres à la consommation.
      Des haras faisaient même l’objet de vols à grande échelle. Vous pouvez imaginer l’horreur pour les propriétaires qui laissaient en garde leurs montures …

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