Charlie un jour, un jour seulement !


Un ami m’a envoyé ce sondage :

Sondage

Encore un jeu que je n’ai pas gagné … 😉
A mon avis, ce “sondage” dessine un certain profil du lectorat, mais peut-être aussi le sentiment profond des Français d’aujourd’hui.
Ce qui voudrait dire que nous ne sommes pas prêts de voir le bout du tunnel …

Le gars d’à coté …

oOo

Comment faut-il l’interpréter ?

Première question, la formation des imams.
Certes, les assassins du 7 et 9 janvier dernier ont fait référence au Prophète. Mais la « formation » des religieux n’est pas véritablement le problème : ils connaissent très bien un seul livre, une seule doctrine, celle qu’ils professent. Le souci est plutôt celui de la suprématie entre le droit religieux (droit canon, droit coranique, droit hébraïque …) et les droits Civil et administratifs qui régissent notre société. « Méfie-toi de l’homme d’un seul livre ».
J’ai souvenir de contentieux et de rivalités entre les prévôts et baillis face aux curés et évêques. Depuis la révolution de 1789, seul compte l’ordre public laïc. Les religieux et leurs ouailles doivent s’adapter. Cela n’est pas sans poser quelques difficultés sur les dossiers de l’avortement, du divorce et du mariage pour tous, et plus curieusement l’adaptation de dates flottantes de certaines célébrations à l’emploi du temps économique pour être sûr d’avoir du monde à l’office.
C’est pourtant tout l’enjeu de la laïcité qui permet à tous de croire à sa convenance, tant que cela ne remet pas en cause la conviction des autres. En clair, « croyez à ce que vous voulez tant que vous n’exigez pas que des lois analysées comme étant en porte-à-faux de votre doctrine soient retirées. Si ces lois se « contentent » d’organiser certaines activités il nous reste loisible de ne pas les pratiquer.
Sinon, il existe l’option du « clergé » aux ordres du pouvoir central, alliance du trône et du goupillon, comme l’a pratiqué l’Ancien Régime, le système soviétique et tant d’autres dictatures de tous bords.

Après avoir suggéré que  les religieux étaient à l’origine du problème (sauf que la radicalisation se fait souvent auprès d’imams auto-proclamés, et autres sites via internet … du coup, une formation officielle ne permettra pas de relayer auprès des individus en rupture, la « ligne » de conduite pertinente), la seule barrière semble être les services secrets, d’où la question numéro 2 : le nécessaire renfort des moyens et des pouvoirs de ces agents.
C’est ce qu’a fait l’équipe de G. Bush avec les scandales que l’on sait des écoutes illégales, de l’usage de la torture, des externalisations de centres de rétention pour échapper à la loi américaine sur le territoire fédéral, etc … Qui est tenté d’être client de ces pratiques ? Pas ceux qui les réclament sans doute, trop sûrs d’être irréprochables, eux !
Mais en se montrant « fort » et « déterminé » dans l’action (sur le territoire national ou bien à l’étranger ? Comme s’il n’existait pas à l’intérieur des frontières de dangereux personnages…) les tenants de cette solution rejoignent les thèses extrêmement droitières, jouant sur les peurs et l’ignorance.
D’ailleurs, pourquoi privilégier le secret des missions à l’enquête de police ? C’est malsain. Cela favorise le recours à des méthodes indignes de la Démocratie. Au contraire, il faut favoriser la publicité de la réponse judiciaire et garantir la certitude de la sanction.

En troisième question, l’enseignement religieux.
Il est vrai que la notion « cours de religion » peut laisser rêveur la personne interrogée.
Il ne s’agit pas pour l’éducation nationale de faire du prosélytisme.
De ce que je conserve comme souvenir des programmes scolaires, en primaire, il n’y a pas d’histoire des religions. Par contre, il existe en 6ème des cours de présentation des religions avec la description d’une mosquée, des piliers de l’Islam mais rien de comparable sur le Christianisme, le Judaïsme, le Bouddhisme, le Chamanisme, par manque de temps.
Le polythéisme grec a plus de chance, les livres d’histoire traitent des temples, des dieux, des pèlerinages dans les grands centres religieux …

En quatrième position, les accords de Schengen.
Toujours la même logique de la stigmatisation de l’étranger. Donc, les frontières sont comme les portes et les fenêtres d’une maison commune : on les ferme ! Comme si c’était aussi étanche ! De plus, remettre en cause ces accords démontre qu’il n’y a pas de confiance dans le voisin frontalier, celui qui garde les frontières « pour les autres ». Les Allemands, les Italiens, les Espagnols, les Grecs ou les Belges apprécieront … Encore que, avec la filière de trafic d’armes en Belgique et tous les exilés qui passent les Alpes … C’est donc l’idée d’Europe, la coopération avec partage des frais, qui est implicitement remise en cause.

Avec une telle analyse, il est plus facile de comprendre que la surveillance des banlieues doive être renforcée ! Parce que la Banlieue, c’est la nouvelle cour des miracles ! Mais sans expliquer pourquoi ni comment.
Pourtant, les gens n’ont pas décidé de s’y regrouper dans cette banlieue, encore moins pour y vivre dans une certaine misère. Ils y ont été placés pour ne pas perturber les « beaux-quartiers ». Après la ségrégation verticale des immeubles (étages nobles des employeurs contre soupentes pour les « gens de maison« ), nous avons vu la ségrégation géographique s’installer, sous couvert de reconstruction d’après-guerre mais aussi après que le premier maire de Paris eut à cœur de rénover la capitale.
Quand on n’a plus de domestique, il est plus facile de renvoyer au-delà du périphérique les petites gens.
Ce qui apparaissait comme « propret » s’est trouvé sans entretien au point de se dégrader rapidement. Les plus chanceux (ou fortunés) sont partis. Il ne restait que les plus humbles, sans ressources pour répondre aux besoins des rénovations. Bien des Organismes n’ont plus voulu suivre pour ne pas se mettre eux aussi en péril financier.
C’est ça, le véritable scandale des banlieues : empêcher le brassage socio-économique des populations.

Et une fois que seront arrêtés tous les déviants, la prison sera la seule réponse pérenne, à n’en pas douter … Mais avec quelle  politique carcérale et judiciaire ?
Les peines-planchers, les surpopulations favorisent encore plus la radicalisation observée dans les centres d’enfermement et nourrissent les rancœurs. La prison joue le rôle du balais à poussière : elle ôte à la vue les problèmes du monde. En filigrane, j’y lis aussi une critique des magistrats, ceux qui condamnent et ceux qui autorisent les sorties, probatoires ou non, dans la plus stricte application des textes de loi votés et mises en œuvre dans des conditions de travail qui laissent parfois rêveuses.

Mais réfléchir à tout cela n’est pas tout, ni visiblement pas donné à tout le monde ! Seul l’Homme politique peut agir, l’intellectuel, non. Et il ne faut pas mélanger les genres. C’est à croire que celui qui réfléchit, de fait n’est qu’un rêveur, un utopiste tandis que le politicien est homme d’action. Cela ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un ? Avec une idée par jour et une loi pour chaque évènement, ce fut le tourbillon et le vertige, avec tout le brassage médiatique concomitant, dont il ne reste que ruine et désolation, aujourd’hui. Celui-là, avait des penseurs, des conseilleurs, n’en doutez pas, pour lui inspirer autant d’idées; des hommes de l’ombre et du secret … encore.

Coté chiffres et sondage, il me semble que ce tableau regroupe des questions mises en ligne régulièrement puis regroupées comme pour y déceler une tendance, une opinion générale.
Pourtant certaines questions n’ont pas suscité autant de vote que d’autres. En priorité, la volonté de s’exprimer, et pas forcément sous son meilleur jour, portait sur les accords de Schengen (16 000 votants environs),  la politique judiciaire et carcérale (15 000 votants environs), la mise à l’écart de l’intellectuel (pour 10 000 votants au moins).
Les sentiments d’urgence et de peur, dépourvus de raison, sont donc les moteurs de ces votes, quelques jours à peine après les démonstrations de foules de tous ces « Charlie » …

Et ce n’est pas bon.

Fultrix.

 Post-scriptum : sur la dangerosité de la Bibliothèque, « antre du Malin, part du Diable  » remarquable article extrait du Bulletin des Bibliothèque de France de septembre 2003.
Pour aller plus loin : Etude sur l’exclusion et la paupérisation.

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A propos fultrix

European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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