Après la Démocratie


Fiche de lecture de l’ouvrage d’Emmanuel Todd.
Collection Folio-actuel au livre de poche, dès 2010.
Edition initiale en 2008, chez Gallimard.
Prix : 8,10€

Mes observations sont rédigées en italique.

Plan :
Introduction. Le moment Sarkozy
Chapitre 1 : le vide est religieux
Chapitre 2 : Stagnation éducative et pessimisme culturel
Chapitre 3 : De la Démocratie à l’Oligarchie
Chapitre 4 : Les Français et l’égalité : l’apport de l’anthropologie
Chapitre 5 : Ethnicisation ?
Chapitre 6 : Le libre-échange contre la Démocratie
Chapitre 7 : Lutte de classes ?
Chapitre 8 : La très lente évolution du socle anthropologique
Chapitre 9 : Après la Démocratie

Conclusion. Le protectionnisme, dernière chance de la Démocratie européenne.

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Introduction. Le moment Sarkozy :
L’élection de ce président-là est une date charnière.

Chapitre 1 : le vide est religieux

Depuis 1790 (date du vote de la Constitution civile du clergé), la France était fixée dans ses ancrages politiques, à cause de ce texte même.

A la suite de la réforme de Vatican I et II, l’Eglise renonce à une forme d’ascendant sur la population. Déçu par le monde religieux, le citoyen découvre la même décomposition en politique, parce que les partis se sont bâtis en fonction du clivage religieux.

Les partis, faute de clivage religieux, voient leurs programmes devenir inutiles, vides de sens. Mais tout le monde continu comme si de rien n’était. Le militant de base n’intéresse plus, le financement et la notoriété sont ailleurs, les « fondamentaux » du parti sont oubliés.

En l’absence de Dieu, il faut trouver autre chose qui remplace le dogme. Athéisme difficile, le stoïcisme romain de la période faste a, lui aussi, fait long feu.

Alors, comme cela ne dure pas, il faut désigner une autre cible clivante. Faute de Dieu chez nous, on s’en prend à un autre ce qui fait passer le clivage de l’incroyance à l’islamophobie.

Ce clivage vient du haut, de l’élite. Le problème est que la « base » n’adhère pas forcément, ou différemment.

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Chapitre 2 : Stagnation éducative et pessimisme culturel

Faute de projet pour l’avenir, les partis se rallient à de vieilles idées : le « National Républicanisme » contre la « Pensée Unique ». L’un dit non à l’Europe supranationale au nom du souverainisme, l’autre ne jure que par le Dieu « Marché » qui a toujours raison et ne supporte pas les règles au motif que le Marché s’autorégule …

Si les faits disent que le savoir passe par capillarité dans la société pour répondre à un besoin, certains envisagent l’accès à l’éducation à cause de la réussite économique, ce qui va à l’inverse de la réalité.

Or, maintenant, le niveau ne progresse plus. Donc, il stagne et certains l’analysent comme une régression.

Pour l’auteur ce n’est qu’un sentiment.

Selon moi, c’est plus que cela :

– l’auteur oublie le contenu que j’estime indigent pour l’école primaire (apprendre dans trop de domaines, de façon superficielle est inefficace) et le collège quant au contenu (Lagarde et Michard) et à la méthode (rédaction et dissertation).

– l’ouvrage de Finkielkraut (« La défaite de la pensée » analysée comme un discours défaitiste digne de Taine ou Renan) me paraît plutôt une illustration de la poussée jusqu’à l’ultime d’une idéologie qui digère mal la Révolution Française et débouche sur un génocide d’Etat.

En fait, le véritable souci est le choix du rôle de l’école : former à un métier où former des citoyens avec un fond commun culturel, ciment de la Nation …

Les USA connaissent ce déclin depuis les années 60, après que l’effort de guerre eut cessé et que les effets du plan Marshall s’expriment pleinement en Europe.

L’alphabétisation précède la démocratie. Si le goût pour les études régresse, la Démocratie recule-t-elle tout autant ?

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Chapitre 3 : De la Démocratie à l’Oligarchie

Tocqueville et ses disciples supposent que la Démocratie arrive comme une « génération spontanée ». C’est une erreur mais cela arrange bien certains, histoire de faire oublier comment elle vient, surtout si on en fait disparaître les faits générateurs.

j’ai souvenir d’un « que sais-je » (1982, je crois) sur un totalitarisme « de masse » qui émergerait à force d’exiger l’égalité pour tout et tous parce que les gens ressentiront l’impression de ne plus être pris en compte à titre individuel (parce que même les plus « insignifiants » ont une valeur du fait de leur participation dans le système), perdus dans la masse (trop de gens, trop de diplômés, trop de spécialistes). Rien à voir avec l’émergence de l’oligarchie actuelle mais cela pourrait avoir à voir avec l’entre-soi de certaines classes moyennes/supérieures, désir pour certains de conserver un statut privilégié ?

De fait, l’alphabétisation répond à un besoin : savoir lire. Nécessité théologique pour un protestant, financière pour un commerçant, pratique pour un ouvrier face à un manuel d’instruction

Quand toute la population partage ce savoir, un sentiment d’appartenance à une communauté puis à une Nation, émerge, au-delà du statut économique.

Il faut passer 30% d’alphabétisation pour qu’un groupe soit « mure » à la revendication (révolte ou révolution).

Il faut également que l’outil « écriture » soit performant (au-delà des chiffres pour le commerce, de quelques consonnes permettant le souvenir du concept lui-même, …), d’où la naissance de la Démocratie en Grèce et non pas chez les Phéniciens … mais alors que penser du cunéiforme rapportant l’épopée de Gilgamesh ? Il faut également que la maitrise de l’écriture soit assez répandue.

Les idées se développent en même temps que s’améliore l’écriture (tiens, cela me rappelle un sujet du bac de philo « le langage n’est-il qu’un outil ? » ).

Malheureusement, si le savoir rend libre, il angoisse au point d’augmenter les cas d’alcoolisme, de dérèglements psychiatriques et de suicides. (d’où le goût pour la servitude volontaire, décrite par Etienne de La Boétie ?). Encore que, l’angoisse de l’esclave, ce n’est pas la liberté, c’est d’être sûr de manger le lendemain.

Selon l’élévation du niveau scolaire, l’adhésion à des idéologies passe de l’adhésion béate à l’esprit critique et à la complexité du modèle envisagé. Il peut y avoir un souci de partage des idées dans une population où tout le monde n’a pas le même niveau scolaire et, surtout, où tout le monde n’a pas le même goût des autres (empathie, esprit collectif). Mais si des « pauvres » sur-diplômés (déclassés par les ultra-riches) partagent leur savoir avec leurs compagnons de misère, l’esprit « collectif » revient (après avoir vu le haut niveau éducatif flirter avec l’individualisme forcené).

Après la vision sociétale verticale des idéologies, les gens pratiquent la porosité horizontale de l’entre-soi éducatif, quelle que soit la profession.

La caricature relevant de la pensée « défaitiste » veut que le riche supérieurement éduqué soit narcissique et individualiste tandis que le pauvre éduqué (si, si, y’en a !) pense collectif.

Or, rares sont ceux qui n’ont pas fait un minimum d’étude (l’échec scolaire malgré l’obligation scolaire jusqu’à 16 ans est « récent ») et le narcissisme avec l’entre-soi traverse l’ensemble des Catégories socio-professionnelles, avec des expressions différentes. L’ultra-riche est égoïste, individuellement ultra-libéral, le pauvre est populiste (rejet des étrangers, comme groupe menaçant la sécurité du travail ou autre …).

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Chapitre 4 : Les Français et l’égalité : l’apport de l’anthropologie

L’alphabétisation précède la Démocratie mais doit être aidée par d’autres facteurs.
La structure familiale est primordiale pour expliquer la forme de la Démocratie privilégiée.
Anglais et Français partagent la Liberté mais les Français ajoutent la notion d’égalité, et cela change tout.

La liberté est favorisée par la famille mononucléaire (Père, mère, enfants).
L’égalité est favorisée par le partage à part égale entre les enfants, filles et garçons à égalité.
L’ethnocentrisme est favorisé par la pratique de la famille « de souche ». La hiérarchie au sein de la famille entre les générations et au sein de chacune d’elles permet la hiérarchie entre les peuples.

En France, plusieurs types de famille coexistent favorisant une idéologie politique ou une autre.
Et toutes ses « différences » cohabitent dans un bonheur idéologique et territorial, finalement apaisées, bonheur renforcé par la loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise de 1905, texte voté avec la « bénédiction » du pape Léon XIII.
C’est artificiel mais c’est désormais ancré dans la vie de la Nation.

Avec la rédaction du code civil de 1804, héritiers de la Révolution Française, les jurisconsultes avaient déjà su conserver les différentes pratiques locales des contrats, tout en dégageant des principes directeurs communs.

Le système de valeur égalitaire survit-il en France ?
Le système Sarkozy promeut l’inégalité à l’anglo-saxonne.

De sorte que nous assistons à un paradoxe :
– Dans la patrie des Droits de l’Homme, le FN prospère depuis les années 82/86
– Alors même que le programme du FN est basé sur l’inégalité, le rejet des personnes issues du Maghreb, prône un égalitarisme anti-élite.
– Les votants sont les plus vite déscolarisés, rejetant les migrants plus facilement illettrés ou analphabètes, tout en pratiquant le plus de mariages mixtes (10 x plus qu’en GB et Allemagne !) et ne pratiquant pas l’inégalité envers ces enfants « mixtes ».

Quand la Démocratie se bâtit sans la notion d’égalité, les notions d’ethnie et de race prennent le relais avec toutes les dérives qui vont avec, comme nous l’observons chez les anglo-saxons.

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Chapitre 5 : Ethnicisation ?

Aux USA, la démocratie « blanche » a bien admis l’égalité des blancs entr’eux mais la refuse aux autres (indiens – noirs). C’était une façon d’éliminer toute différenciation entre les divers colons d’origine européenne.

Cela se voit avec le « connubium » (à ne pas confondre avec la « nubilité » – Cum nubio : avec mariage ) qui illustre particulièrement bien le niveau d’intégration sociale, raciale démocratique … ou pas. C’est typique de la Démocratie Athénienne.

Curieusement, au lieu de s’enthousiasmer pour la promotion des noirs (C. Rice, C. Powel, B. Obama), il faut y voir une façon pour l’oligarchie blanche de « casser » la classe moyenne blanche.
Cela fonctionne comme sous Athènes … sous l’Antiquité… selon le principe du « Herrenvolk democraty » (le peuple des seigneurs) .

Comme les autres, la France a son bouc émissaire : le noble.
Depuis, « on » chasse le « privilégié » au lieu de s’acharner sur les plus faibles ou « l’étranger ».
Sauf qu’avec Sarkozy, le pauvre, l’immigré, le gars de banlieue, le non-catholique deviennent les boucs émissaires au profit des plus riches.
Les émeutes de l’hiver 2005 (Sarkozy est ministre de l’Intérieur) sont nées d’une action « pousse au crime » du pouvoir, histoire de préparer l’élection de Sarkozy (au moins par la posture et les déclarations, à défaut d’action de provocation volontaire).
Sauf qu’en pratique, se sont majoritairement des « gaulois » qui sont arrêtés lors des émeutes et déférés devant les tribunaux. Tous réclament de l’égalité (au travail, aux soins …) dans des « bandes » multicolores, vide de meneur global, comme l’élite d’en face, vide de leader et de programme.

Le soulèvement des banlieues a été au cœur de l’élection présidentielle car c’est l’occasion d’annoncer la création du ministère de l’immigration et de l’identité nationale …
C’est un gros événement et pour un public de « poisson-rouge » (dont la mémoire ne dure que 2 mois ) qui tient de la piqure de « rappel » pour Villiers-le-Bel.
Alain Finkielkraut, tenant de l’idéologie défaitiste dans l’un de ses ouvrages a fait fort en analysant les émeutes de Villiers-le bel en 2005 comme des « pogroms (génocides ethno-religieux russes) antirépublicains ».

Cela fait croire que la population républicaine est minoritaire, en danger à cause des migrants. Or, la France est universaliste avec le droit du sol (etc). L’analyse de Finkielkraut est inégalitaire et fausse quant à la réalité du terrain.

Le vote pour Sarkozy est « anti-jeune » et « anti-pauvre » avec de vieilles antiennes conservatrices, comme en 68 en faveur de De Gaulle.
Au FN, les votants sont ouvriers (de tradition de gauche) et petits commerçants (de tradition de droite) et se retrouvent sur le terrain de l’« anti-arabe » et « anti-élite ».
En 2007, les ouvriers restent au FN à cause de la désindustrialisation. Tandis que les petits commerçants et les retraités vont à l’UMP.

Les jeunes demeurent résolument « anti-droite ». C’est intéressant pour l’avenir, même s’ils vieillissent.
Par contre, les « anciens » actuels sont furieusement à droite et vireront à l’extrême vu la tendance à la paupérisation des retraités. L’élite politique ethnicise alors que la population fait dans la lutte de classes (lutte pour l’économie, lutte pour des économies).

Problème : pourquoi cette différence, cette « fracture » ?

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Chapitre 6 : Le libre-échange contre la Démocratie

Le libre échange est un marché de dupes qui ne dit pas son nom.
Ceux qui en sont déjà victimes ou peuvent le devenir, l’ont très bien compris.
Il en est de même pour nos élites mais qui surtout ne le disent pas, surtout chez les grands noms de l’économie (exemple Patrick Artus …).

L’apport de Keynes, que tout le monde oublie, est de dire que l’action économique de l’Etat est de servir la liberté. Cette analyse date des suites de la crise de 1929.

En France, penser l’avenir de la société se fait hors la « science de l’économie politique ». C’est culturel. C’est différent chez les anglo-saxons. Donc, pour savoir comment remettre en cause les choix économiques, il faut lire les productions anglaises ou américaines ou alors, en version française un peu à contre-courant, messieurs Greau et Saphir.

Aux vu des évènements, il faut revenir au protectionnisme car produire dans un pays, pour vendre dans un autre, revient à dire que le salaire est un coût et non plus un moyen pour augmenter la demande intérieure du fait de l’augmentation du pouvoir d’achat.

Le libre-échange débridé génère des tensions politiques internationales induisant la haine entre les peuples, tout aussi bien que l’autarcie totalitaire, idéologique.
Mais ceux qui le savent se taisent pour profiter encore un peu des dernières richesses.
Ils en pâtiront eux aussi, à la fin, parce que leurs enfants seront bien moins lotis qu’eux … C’est le problème du « vivre ensemble », en société !

Au PS, il est de bon ton d’être libéral (Delanoë, Lamy, Strauss-Kahn). Même ceux qui critiquent sont entourés de conseillers qui annoncent le libéralisme et il n’existe pas de proposition concrète pour remettre en œuvre la critique.
Pourquoi ?
Parce que la gauche est internationaliste et s’inquiète de l’humanité …

Sauf que les « pays en voie de développement » nous taillent des croupières avec leur population tout autant éduquée que les nôtres, avec un esprit de revanche sur l’histoire, lié à la colonisation.
En plus, ces « autres » sont plus ou moins dans un régime démocratique, plus ou moins libéraux, plutôt inégalitaires en droit ou en fait dans leur famille ou dans leur société civile.

Bref, la doctrine du PS est inchangée alors que le monde mute !
Ce grand écart entre la doctrine et la pratique est tout autant un problème « interne » pour la Chine alors que c’est « normal » en Inde (les castes sont encore pratiquées malgré l’interdiction !).

Mais dans ces deux grands pays, l’alphabétisation progresse, tout comme la pression « mondialiste » pour leur « bas coûts ».

Et tous les « riches locaux » investissent à l’étranger (USA et la dette détenue par les Chinois …) donc, au détriment de leur économie interne … et « leurs » pauvres s’en souviendront un jour …

De plus, au PS, il y a beaucoup de fonctionnaires épargnés par les délocalisations. Les préoccupations des grands commis de l’Etat sont identiques à celles des grands industriels ou des financiers : faire carrière, mener sa barque dans un monde qu’ils dominent…

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Chapitre 7 : Lutte de classes ?

Aux USA et en Europe, dans le milieu des années 1970, il est visible que :
– syndicalisation et idéologies déclinent
– L’individualisme augmente

En conséquence de quoi, la « gauche » est sans ancrage ouvrier, le financement du parti relève des finances publiques ou des « gros » donateurs et non plus du militant de base.
Autre problème : l’appartenance socio-professionnelle remplace la conviction idéologique (catho contre laïc) dans la façon de voter, en plus de la tranche d’âge.

Pour l’auteur, quand un parti se coupe de sa base, une autre formation,plus extrême (FN), la récupère. Et quand un électeur perd son travail, il vote selon les « promesses » dont il pourrait bénéficier et plus le risque est grand, plus il vote FN.

Le diplôme ne protège plus du chômage, à la différence des années 1990. C’est à cause de la mondialisation : la Chine concentre la population d’ouvriers tandis que l’Inde concentre celle des informaticiens.

Avant, cadres et dirigeants d’entreprises étaient « complices ». Ils avaient une unicité de point de vue. Les écarts de revenus (pas forcément que des salaires !) entre les plus pauvres et les plus riches étaient faibles (de 1945 à 1998). Ce n’est plus le cas sous Chirac (98/06). Nous faisons désormais comme chez les anglo-saxons (qui eux, connaissent la chose depuis les années 80).

De sorte que, pour vivre « protégé », à l’abri, il faut avoir un capital parce que le diplôme seul n’y suffit plus. Pour avoir le « pécule », il faut donc amasser des bonus, des stock-options, etc. …

Le salaire moyen effectif perçu stagne depuis les années 1980 et a baissé entre 2003 et 2007. Le Public a connu le même soucis en euro constant et même une baisse entre 1996 et 2005.

Quand tout le monde en aura pris conscience, la notion de « classe »reviendra.

Une conscience de classe sans croyance religieuse est-elle possible ? L’Histoire n’a pas encore amorcé de piste.

Une frange nouvelle de diplômés se paupérise, au point de devoir s’excentrer dans sa propre cité, sa région : c’est le BoBo.
« Supérieur » par ses diplômes mais « inférieur » en revenus par rapport à ses ainés. Alors, il vote à gauche.
La preuve que l’appellation BoBo est une illusion d’effet de mode (et donc un effet de crise).
Leurs difficultés les faits voter à gauche ce qui entraine parfois des basculements de ville lors d’élections.

Quand on est « trop » riche, les soucis sont :
– une ignorance des besoins et difficultés des gens ordinaires
– l’accumulation, à un niveau donné, ne sert plus à rien puisque l’on a tout. Par contre, on se retrouve avec des peurs fondamentales : maladie et mort contre lesquelles l’argent ne protège pas.
– L’ennui vous gagne. Dieu, ses bonnes œuvres et la bonne conscience n’y sont plus.
– Il ne reste donc que l’envie de transformer la multinationale en Etat (avec un budget supérieur à celui d’un pays) ou bien casser l’Etat qui possède d’autres pouvoirs forts enviables (la monnaie, la force armée).

Le moyen pour y parvenir est la financiarisation de l’économie.
Ce phénomène est connu depuis l’origine du capitalisme industriel et analysé comme une maladie.
Le financier est un prédateur, l’industriel est un bâtisseur. Nos élites, avides, s’alignent sur le modèle anglo-saxon alors que les « gens ordinaires » restent « indépendantistes ».

Rome a connu ce problème et la fiducie. LA solution a été le passage au christianisme d’Etat, entr’autre.

Le « choc des civilisations » de Huntington (livre de 1996) vise la Chine. Mais les attentats du 11/09/2001 procèdent à une relecture au détriment de l’Islam.
D’autant qu’il y a un problème avec la Chine :
– comment la critiquer alors que tout le monde délocalise chez elle, forme moderne du colonialisme commercial ?
– Comment prétendre « dominer » la Chine alors qu’économiquement, c’est elle qui nous tient ? (cf. les terres rares, les mesures de rétorsions …) et qu’Elle a les mêmes prétentions hégémoniques que l’occident ?!

Le rejet du Traité Constitutionnel de l’Europe est-il un anti-néolibéralime ou un anti-Européanisme à cause du « dumping social » ?

Historiquement, face à un même problème, diverses solutions peuvent être retenues.
La plus parfaite illustration est le cas de la crise de 1929.
L’Allemagne choisi le Nazisme tandis que la France opte pour le Front Populaire.

En votant « Hollande », les gens voulaient des lois améliorant leur sort. Ils sont déçus avec les réformes menées ou envisagée (de la retraite, des allocations familiales, du gel des tranches d’imposition …).

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Chapitre 8 : La très lente évolution du socle anthropologique

Nous sommes passés de l’individualisme au narcissisme.
Parvenir à concevoir un mode collectif pour résoudre certains problèmes est devenu impossible.
Nous vivons les uns à côté des autres et non plus ensemble.

Ce qui est vrai pour les relations sociales l’est tout autant pour l’économie et toutes autres choses.
En France, la « valeur ajoutée de mai 68 », c’est la suspension des rapports hiérarchiques.

Il existe une évolution parallèle entre la désagrégation de la famille (contraception – enfants naturels simples) et celle de l’idéologie politique. Plus que la prétendue baisse du taux de fécondité, c’est la procréation tardive qui est remarquable en France. C’est encore plus visible avec l’indicateur de « descendance finale ». La maternité tardive est une autre façon de vivre la liberté sexuelle.

Fécondité et émancipation féminine sont liées auxquelles s’ajoutent les facilités mises en place pour permettre aux femmes de travailler tout en ayant des enfants et les faire garder.

Le féminisme est lié à la vision non autoritaire de la famille (contre-exemple : l’Allemagne).
Par contre, nous assistons à un ralentissement du mouvement de la société. Plus d’école induit des enfants plus tard, une espérance de vie plus longue, des électeurs plus âgés … Au point que toute révolution intellectuelle et politique devient atone.

La présence de crèches et d’écoles maternelles favorise la natalité.
La sécurité sociale et la retraite mutualisée facilitent le narcissisme.
Curieusement, ceux qui décrient l’Etat sont ceux qui en profitent le plus : les « vieux » !
Pourtant, l‘Etat résiste encore.
Pour preuve, même dans les départements les plus pauvres, il n’existe pas de différences criantes pour la mortalité infantile, par exemple. C’est totalement différent aux USA.

Autre critère déconnecté des faits : l’insécurité (avec les dérapages verbaux des élites et des mineurs, le hooliganisme, les stock-options …). Malgré tout ce qui se dit, le taux d’homicide reste stable … le danger ne s’aggrave pas.

Comment l’expliquer ?

Si l’Etat fait peu, avec des crédits insuffisants il reste que la « famille » reste un endroit stabilisant, surtout avec la notion d’égalité au point que cela déborde sur l’anthropologie hexagonale … Car on est toujours le familier de quelqu’un.

Avec la notion d’égalité H/F, il faut distinguer l’égalité entre les garçons et l’égalité des garçons face aux filles.
La France fait encore dans l’exception culturelle car elle exige la double égalité, hérité du droit Romain.

De mes souvenirs des cours d’histoire du droit, la lutte des jurisconsultes du sud, issus de la tradition de droit romain, contre ceux du nord, issus des traditions franques a été remportée par le sud autour de la période de la Renaissance.

L’oligarchie a profité de la montée en égalité des femmes, comme une diversion, pour s’imposer elle-même ! On suppose que l’effondrement du pouvoir masculin (avec la fin du monde ouvrier et du communisme) permet la montée en puissance des femmes. Les oligarques jouent les hommes contre les femmes, sorte de lutte des sexes contre la lutte des classes, dans un monde anglo-saxon inégalitaire et oligarchique.

Mais si les oligarques jouent sur les rapports H/F, il ne faut pas croire qu’avec une remise aux normes antérieures, « tout redeviendra comme avant ».

L’école est en train d’instiller une inégalité (riche/pauvre) en accordant en contrepartie une égalité Homo/Hétéro …

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Chapitre 9 : Après la Démocratie

Le problème de l’oligarchie : elle ne justifie pas ses privilèges pour les services rendus à la Nation. A défaut de grande servitude, elle se procure de grandes exceptions. L’oligarchie se voit parce qu’elle confisque savoirs et richesses et qu’elle maltraite tous les autres.

Autre problème plus profond :
– qu’en est-il du sentiment libertaire et égalitaire dans les familles, surtout quand elles sont mixtes ou recomposées ?
– Comment inverser politiquement les retraités qui se paupérisent ?
– Comment inverser la tendance ultra-libérale du commerce international quand les gouvernements européens ne sont plus ni les acteurs ni les moteurs de l’économie ?

Qui sont les coupables ?

Les politiques et la vacuité de leur programme ou les économistes dépourvus de « vision sociétale » ?
Alors, là, il ne faut pas oublier les électeurs. Accuser les économistes, c’est un peu facile : ils ont une vision, comptable et elle-même narcissique, oligarchique, etc … Et les électeurs, sont-ils franchement « libres » ?)

La vacuité du débat lors de diverses élections permet l’illusion démocratique tout en continuant la mise en place du libre-échange.

Solution 1 : la République ethnique (blanche, postchrétienne)
Sarkozy, à l’Intérieur puis à la Présidence a utilisé la doctrine de la stigmatisation : l’occidentalisme par opposition à l’universalisme (doctrine diplomatique jusqu’alors tenue par la France).
Autre source de cette doctrine stigmatisante : les théories de l’extrême droite du temps de Weimar, surtout développées par Carl Schmitt.
En s’alignant sur le discours FN, Sarkozy et son entourage ne comprennent pas que les motifs de ralliements à cette formation extrême sont différents de ceux qu’ils développent. Et parce qu’il y a une erreur d’analyse, le discours UMP est inopérant.
Et comme il y a distorsion entre la « base des élus » et le « siège du parti », il va y avoir des alliances infernales et difficilement gérables lors des constitutions de listes aux prochaines municipales (mars 2013) … et les électeurs feront, eux, encore un autre choix !

Echec vraisemblable de la solution ethnique :
– Parce que les motivations ne sont pas ethniques
– Parce qu’il existe beaucoup de mariages mixtes et peu de pratique religieuse.
– Parce que ceux désignés coupables ne sont pas cause de la paupérisation des diplômés vu qu’ils sont moins bien lotis eux-mêmes …

Autre problème pour les pro’ de l’ethnicisation :
– A force d’intensifier l’inégalité, les gens peuvent se rebiffer et exiger le retour de l’égalité
– A force de libérer les bas instincts, ils se lâchent et échappent à tout contrôle, surtout à celui des élites.

Solution n°2 : la suppression du suffrage universel.
Quand pour l’Europe, les populations votent « non » on leur représente le texte à voter jusqu’au « oui » ou bien, on contourne les referendums avec le vote au Parlement.
La force du pouvoir est d’avoir une armée de métier (différente de la conscription) qui peut tirer sur la foule, sans état d’âme.
Le plus grand souci avec le sentiment sécuritaire, c’est qu’il permet de mettre un « couvercle » sur les aspirations de liberté des gens …

La gauche est « plus dangereuse » car elle paraît plus arrogante dans sa certitude d’être meilleure. Si son électorat la rejette, elle peut avoir un sentiment de vengeance et de confiscation par manque de « reconnaissance » de la part du peuple …
J‘aurais aimé que l’auteur développe ce passage parce que là, tout de suite, je suis tentée de penser qu’une telle réflexion relève d’une idée d’un mec de droite qui ferait surement ça dans cette situation. Non, en fait, la peur c’est la Révolution, le Communisme, le Marxisme, etc… Dans ce genre de cas, il n’y a plus de droite ou de gauche, juste des incapables.

L’Europe est une caricature de ce qui pourrait se faire : élections locales pour l’illusion démocratique et confiscation du pouvoir avec la Commission (malgré la double compétence avec le Parlement ?).

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Conclusion. Le protectionnisme, dernière chance de la Démocratie européenne
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Historiquement, la Démocratie est pleinement épanouie quand coïncident les espaces économique, politique, social.
Quand dans l’un de ces 3 espaces cela ne va pas, le rééquilibrage doit se faire par le jeu des 2 autres.
Plus rien ne va quand le libre-échange tient l’économie car tout se fait à l’échelle planétaire tandis que le rééquilibrage est géré localement pour les sphères sociale et politique.
L’utopie voudrait un Etat mondial. Utopie avec l’ONU ou alors avec le sens de la Démocratie et l’impérialisme de la Chine ou des USA.

Aujourd’hui, la stigmatisation de « l’Europe » est un moyen commode pour caricaturer la Démocratie nationale.
La Commission est l’exécuteur des basses œuvres.
L’Euro est un problème, faute de gouvernement européen adéquate, et du manque de volonté commune.
Pourtant, il est encore possible de s’en sortir car nous avons encore la connaissance, la production et l’énergie.
Quelques quotas et « hop », les salaires remontent puisque la pression des pays tiers est moins forte.

La Chine ne présente pas un trop fort risque de rétorsion car à terme elle a besoin de nous, comme source de diversité d’approvisionnement (et pour faire face aux USA et au Japon).

La posture en faveur du libre-échange est favorisée par le narcissisme ambiant. On peut en sortir par une prise de conscience dans l’élite ou chez les diplômés pauvres.

Le Royaume-Uni, viscéralement libéral (alors que l’Allemagne est viscéralement prussienne et protectionniste) est à écarter le temps de la réforme.

La réussite repose sur l’Allemagne industrielle : face à elle, il faut brandir la menace (en sachant tenir !) de casser l’euro pour obtenir sa coopération

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A propos fultrix

European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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