Bus et abus.


Le fils de la voisine rentre jeudi du collège, toussant et pleurant comme jamais auparavant ; nul chagrin d’amour en cause, « juste » un gazage à la bombe lacrymogène dans le bus scolaire.

Entre deux hoquets, il raconte qu’un élève, profitant de l’arrêt, c’est retourné au dernier moment pour asperger un autre collégien.
Lui, n’a rien vu venir, placé trop en avant du véhicule alors que les sorties se fond sur l’arrière. Par contre, il a profité, comme l’ensemble des jeunes, des émanations toxiques.
Le milieu confiné n’a pas facilité la dispersion du produit. Le chauffeur à fait évacuer l’ensemble des passagers et a prévenu le « central ».
En moins de quinze minutes, des contrôleurs arrivaient sur les lieux pour recueillir les témoignages et s’enquérir de la santé de tous.
Pourtant, durant ce court laps de temps, quelques enfants du quartier ont poursuivi leur chemin à pieds pour rentrer chez eux et s’aérer les poumons.

Sa mère fulmine.

Elle veut tous les détails et les noms, de l’agresseur, de la victime.
L’ado rechigne à satisfaire sa curiosité, parce qu’il a plus entendu que vu et parce qu’il a l’impression d’être « une balance », parce que sa mère va vouloir téléphoner, parce que « c’est rien, y’a pas de dégâts » …
Il n’a pas tort de craindre la réaction de sa mère : elle téléphone déjà à la compagnie de transport.

Avec la standardiste elle explique ce qui vient d’arriver et souhaite connaître les suites qui seront données parce que cela fait la seconde fois qu’un incident se produit en moins de trois mois.
Son interlocutrice, assurément bouleversée, non par le ton courtois mais ferme de la mère mais par la réunion de crise qui se déroule dans le bureau d’à côté, explique que la direction est en conférence avec la police depuis près d’une demi-heure …
Faute d’en apprendre davantage, la conversation s’arrête là. Mais juste avant de raccrocher, la mère explique qu’en janvier dernier, à peine trois jours après la reprise scolaire, un « môme de 12 ans » avait profité lui aussi de l’arrêt pour balancer dans le bus un pétard qui avait explosé dans l’habitacle. Les oreilles des voyageurs bourdonnaient encore une heure après, et surtout, RIEN n’avait été fait envers l’enfant fautif et sa famille.

Faut-il qu’il y ait de la casse pour se décider à réagir ?

Déjà avec le pétard, les jeunes avaient tenté, en vain, de l’éteindre en piétinant la mèche. S’il avait atterri dans une capuche, cela n’aurait pas été beau à voir. Avec la bombe lacrymogène, un enfant asthmatique aurait pu connaitre de graves difficultés respiratoires.

Je comprends l’exaspération de cette mère, particulièrement réactive …

Elle s’inquiète des chahuts toujours plus violents, parfois gratuits avec des excuses bidons genre :  » mauvaise journée, fallait que je tape sur quelqu’un ou quelque chose ..  » et ne souhaite pas voir ses enfants en être victimes.

Aux dernières nouvelles, l’agresseur a été interpellé.

Fultrix.

Publicités

A propos fultrix

European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
Galerie | Cet article, publié dans Chroniques, Débats et société, Les petits riens, est tagué , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s