L’hyperdrive


Une copine a tenté de faire ses courses dans un « drive ».
Si, si, à « Ploucville » aussi nous avons cela ! Heu, depuis trois mois, ben oui, quand même …

Donc, ma copine a testé.

Avec son « SoSmartPhone » branché sur internet, elle a coché ses petites emplettes.
« Parce que j’ai pas trop le temps là et j’ai du monde ce soir à la maison … » bien sur, bien sûr …

Elle doit régler ses achats au moment de retirer son paquet au dépôt. Ce n’est qu’un entrepôt, non couplé à un magasin classique, l’enseigne n’étant pas implanté dans notre patelin.

Je me demande s’il ne s’y ajoute pas une astuce pour échapper à la commission départementale, la fameuse CDAC (déjà évoquée ici ) parce que :
– cet entrepôt peut faire moins de 1000 m² et donc ne pas devoir passer à la CDAC
– cet entrepôt, n’étant pas analysé comme magasin recevant du public, ne relèverait pas de la compétence de la CDAC ( mais quand reste le magasin lui-même couplé avec un drive, seule la surface due la grande surface compte ).

En validant ses achats sur le site de l’enseigne version « charette », le client sait tout de suite à quelle heure il peut être livré s’il commande dans la foulée . Pour l’occasion, « 13h » est affiché.
« Chouette, j’y vais sur mon temps de pose, je garde le tout dans mon coffre jusqu’à ce soir … par chance je n’ai pas de surgelé … ».

Sauf qu’en y regardant de plus près, le lieu de livraison se situe dans le département 95 … 300 Km d’ici ! On est « drive » ou on ne l’est pas !
S’apercevant de sa méprise et ne pouvant rectifier, la cliente contacte tout de suite la centrale d’achat, inquiète :
« Ah ! Bah oui, ma bonne dame ! ça arrive parfois ! »

Du coup, la première commande annulée, elle doit revoir ses achats car les produits ne sont pas communs à tous les entrepôts (pardon, les « drive »).
Après régularisation de la commande et vérification du lieu de retrait, il n’y avait plus qu’à attendre l’heure.

En arrivant sur les lieux, prise de ticket pour régler la commande, puis stationnement spécifique. Là, un charmant livreur arrive avec le paquetage, soumet à approbation les légumes frais et pose le tout dans le coffre.

La copine est aux anges.

Alors je me suis penchée sur les textes de loi, pour comprendre.

J’avoue avoir cherché les définitions de « magasin » et « entrepôt » afin de savoir si la distinction pouvait être discutée.
Avec l’article L752-1 du code de commerce, il nous est expliqué qui et comment saisir la CDAC afin d’obtenir ou non l’autorisation d’implantation.
L’article 3 de la loi du 13 juillet 1972, quant à lui, explique que pour savoir qui va payer la taxe (hé hé petits veinards!) « La surface de vente des magasins de commerce de détail s’entendent des espaces affectés à la circulation de la clientèle pour effectuer ses achats, de ceux affectés à l’exposition des marchandises proposées à la vente, à leur paiement, et de ceux affectés à la circulation du personnel pour présenter les marchandises à la vente. »

C’est que la façon dont les «entrepôts-drives » échappent à la vigilance de la CDAC et s’implantent un peu partout, sans vergogne, agace la concurrence et agite le monde marchand. Il suffit de lire les « questions au gouvernement » pour s’en convaincre .

Un ami m’a fait remarquer que la réponse se trouvait dans l’analyse du lieu où se conclut la vente : chez le client, avec sa connexion internet. Il y a, « via la toile » (donc, à distance), un accord sur la chose et le prix ; peu importe que le prix soit versé ou non.

Telle est la réponse ministérielle :  «Il s’agit dans ce cas, pour le consommateur, d’effectuer ses achats sur Internet avant de procéder au retrait, dans un entrepôt aménagé à cet effet, des biens de consommation dont il s’est déjà porté acquéreur. Ce mode de consommation, à l’instar du e-commerce, est assimilable, pour le secteur non alimentaire, à la vente par correspondance où la transaction s’effectue au domicile du client » .

Pour conclure, je vous propose une présentation par un cabinet d’avocats et un magazine spécialisé du principe du drive, ses aspects, ses variations etc., etc… ainsi que le rapport parlementaire de l’assemblée nationale sur la force de la grande distribution, ainsi que ses méfaits …

Alors, toujours tenté par l’expérience ?

Fultrix.

Mise à jour en date du 14/03/2013 : La concurrence réplique !

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