La folie de la folle journée de Nantes !


Affiche de la folle journée« La folle journée de Nantes », événement culturel majeur (et exporté) de référence dans la région, propose aux locaux une formule décentralisée, depuis plusieurs années.
Chouette !

Le coup d’envoi de l’achat des places pour mon patelin a lieu chaque année le premier samedi de janvier pour des concerts se déroulant le dernier week-end de ce même mois.
Cette année, nous serons à l’heure hispano-française alors que l’an passé nous vivions à l’heure de l’école russe.

Echaudée par une trop longue attente l’an passé du fait d’une modification de l’ouverture de la billetterie (arrivée à 9h00, servie à 13h30 … tout de même!), je me suis présentée dès 8h40 pour une ouverture des portes cinq minutes avant 9h.
Hélas, d’autres, avant moi, piétinaient déjà depuis un bon moment au point de produire une queue représentant une fois et demi la longueur de la façade du bâtiment, sous un léger crachin …

Comme lors de la précédente opération, les plus audacieux se sont présentés avant 8h … de la pure folie pour cette folle journée ! Je n’ose même pas imaginer ce qui se passe à Nantes !
Afin d’améliorer le service, le théâtre où je dois retirer les billets inaugure un système de tickets pour attendre son tour au lieu d’ouvrir une nouvelle ligne de caisses … Alors que les premiers arrivés viennent d’entrer, un homme remonte la file d’attente et attribue son numéro à chacun.

Je reçois à 8h58 le numéro 136 alors que le numéro 2 est en passe d’être servi au guichet … soit près de 2h30 d’attente me concernant.
Démoralisant !
Les mieux organisés, habitants le quartier, repartent faire leur marché qui se déroule comme chaque samedi à quatre pâtés de maisons de là. J’ai moi-même réorganisé mon emploi du temps pour libérer la matinée. En partant ce matin, j’ai laissé, sans trop y croire, des consignes écrites pour ma tribu terrible qui dormait encore.

Pour faire face à la demande, deux guichetières en tout et pour tout, épaulées par deux « petites mains » chargées de l’édition et de la remise des billets. Depuis dix ans qu’existe la formule, c’est la même indigence.
9h41, le numéro 30 est en cours de traitement.
10h31, c’est le numéro 71.

Je renonce à ma marche d’escalier avec vue imprenable sur le panneau d’affichage au profit d’un siège en mezzanine pompeusement appelée « la bibliothèque ». Ce mouvement me fait rencontrer une connaissance avec qui je passe un moment à papoter avant de prétexter la nécessité de me dégourdir les jambes, histoire de ne pas m’imposer. Je me risque dans les sous-sols pour répondre à certaines contingences physiologiques. Je n’y fais pas de mauvaises rencontres …

Le temps passe, mon ennui aussi car je commence à rédiger cet article au revers d’un programme.

Le hall connaît toujours une certaine animation et un haut niveau sonore dû aux nombreuses conversations autour d’un café librement mis à la disposition des mélomanes en quête de places (la vente de places est rationnées à 6 afin que certains ne raflent pas des travées entières et ne traficotent une revente pour des sièges vendus au plus à 12 €…).

11h, le numéro 103 est au guichet.
Je me mets à espérer passer avant midi.

Si cela continue, à la maison, nous allons devoir courir après l’horaire en réduisant à sa plus simple expression le déjeuner, avec une séance de rattrapage le soir …
Un petit coup de fil à la tribu me confirme que je n’avais aucun espoir à nourrir malgré mon petit mot bien cadré. Rien de ce qui avait été demandé n’est fait mais une tentative de négociation s’engage … Du grand n’importe quoi ! Bien tenté tout de même de leur part.

Le temps s’écoule plus lentement alors que le décompte s’approche de mon numéro. Je jure que l’an prochain, je bas le pavé dès 8h, si j’arrive à me lever.

Je décide de parier que mon passage aura lieu à 11h40.

En dépassant un groupe, j’entends des passionnés critiquer la qualité des artistes annoncés : pas assez célèbres … Ils semblent tous oublier que tous les budgets dépourvus de valeur économique « évidente » sont réduits à la portion congrue pour cause de crise.

De même, ils feraient mieux de s’intéresser aux œuvres proposées plutôt qu’aux interprètes de renommée internationale qui foulent parfois notre scène locale. Hors la notoriété, tous ces musiciens sont des professionnels, hors les élèves du conservatoires de musique qui se produisent le dimanche matin de 11 à 12 et qu’ils n’iront pas écouter, trop insignifiants, sans doute. Ce snobisme m’agace ! Je serais curieuse de connaître l’existence et le niveau de leur formation musicale à tous ces grincheux !

11h36 : je suis enfin servie, en avance de 4 minutes sur mes statistiques !

Vivement le dernier dimanche du mois, avec la tribu terrible, sortie culturelle de l’année non négociable, pour tous …

Fultrix.

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2 commentaires pour La folie de la folle journée de Nantes !

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