Hospěs, Hostiă, Hostis, Hostus (2)


Suite de l’article homonyme.
ou Du médecin, de l’Hôpital, du soin

Survivre à tout prix.

Se soigner, c’est d’abord une rébellion contre la vicissitude et le risque de la vie.
C’est le propre du vivant !

Des sites préhistoriques (stonehenge ), antiques (Pergame ) attestent de cette obsession.
Ces lieux proposaient ce qu’il y avait de mieux, à l’époque …
A la suite de quoi, avec le développement du monothéisme, la Charité et l’Hospitalité deviennent, pour les croyants, des qualités exprimant la profonde religiosité et la stricte observance des règles .

Pour s’attirer les bienfaits de la divinité et les indulgences de l’institution religieuse, les plus riches initient ou participent au financement de centres hospitaliers (exemples : ici ).

L’établissement d’un hôpital est également un acte « politique » pour une institution, une autorité laïque.
Ainsi l’évêque de Paris, Landry, lance en 651 l’Hôtel-Dieu sur l’île de la cité.
Plus tard, les rois se lanceront dans le secours, d’abord pour fidéliser leurs troupes démobilisées pour cause d’invalidité (Louis XIV et l’hôpital homonyme ), puis pour « assainir » les rues de tous les « nécessiteux » dès 1650 (avec l’hôpital général ) puis sous Louis XVI, avec monsieur Necker et la création des fonctions « d’ inspecteur général des hôpitaux civils et maison de forces » et de « commissaire du Roi pour tout ce qui a trait aux hôpitaux ».
En l’état, l’enferment des pauvres dans les « hôpitaux généraux » (dits « maison de force » donc « prison »). De la sorte, le « misérable », en l’absence d’une « cour des miracles », ni secours, se retrouve « délinquant économique », sans soin ni charité, à la merci des administrateurs des lieux.  Et les scandales sont nombreux !
Pourtant Louis XVI a entamé des réformes .
Il faut attendre le XIXème siècle, les idées de la philosophie des Lumières, le goût pour la démarche scientifique, la rationalité, au point que cette science prétend remplacer Dieu (la Révolution Française a décomplexé le rapport à la vie ) au point que de nombreuses avancées se font jour (le stéthoscope de Laennec, l’eau de javel en 1789, les vaccins -1785, 1885- , …). C’est tellement nouveau et enthousiasmant que des romans puis des bandes dessinées vantent la résurrection des morts par la grâce de l’électricité, entr’autres choses…

La notion de progrès fait que l’hôpital devient un lieu de vie et de progrès.

Avec la couverture sociale généralisée, tout le monde peut se soigner sans conditions de ressources, en principe.
Mais les temps changent. Il faut maintenant compter avec les lois sur la HPST et la T2A.
La carte hospitalière est revue, les professions médicales réformées et la tarification hospitalière progressivement alignée sur celle des entreprises commerciales …
Cette vision n’est une rupture qu’en France parce que nous avons connu autre chose, de mieux, intellectuellement et humainement. Pour le monde anglo-saxon, ce n’est que dans la norme des choses …

Sauf que les gens changent et se rebiffent quand ils découvrent que :

  • même en cotisant, la couverture sociale n’est pas automatique
  • même si un traitement plus efficace existe, seul sera retenu le moins coûtant
  • même si la population a besoin de structures de proximité, s’adresser à un médecin de son choix ne va pas nécessairement de soi.

Il y a affrontement entre la vision économique et la vision humaniste qui jusqu’à présent relevait du discours général.
Il ne faut donc pas s’étonner d’entendre parler de dérive dans les honoraires de certains, dans les délais d’attente selon certaines spécialités (merci le numerus clausus afin de mieux « revendre » la patientèle), dans le redécoupage de la carte hospitalière, dans l’émergence de grands groupes financiers dans le secteur, sans oublier les scandales pharmaceutiques et les prescriptions hors AMM.

J’aspire à ce que l’on revienne aux fondamentaux : l’acte de soin a un coût mais la vie n’a pas de prix.

Fultrix.

Autres liens :
Le CHU de Caen, financièrement asphyxié.
Quand le « privé » entre au « public », via des logiciels et de grands projets coûteux (pour moi, le projet Ravel, c’était çà !).
La santé et le contrôle financier de la Sécurité Sociale via la PLFSS …
Sans parler des scandales de la pharmaco-industrie.
La Cour des comptes a son avis sur la Sécurité Sociale … et sur le patrimoine privé immobilier des hôpitaux.

Sur les prix de produits médicaux avec l’agence nationale du médicament.

Sur l’aide au départ des médecins libéraux. C’est à croire qu’ils ne peuvent plus partir faute de repreneur ou pour accélérer le désert et tarir la source des prescription ? Je suis mauvaise langue.

Pour une sorte de calcul des produits hospitalier.

Sur la fusion de deux centres hospitaliers : Poitiers et Lusignan et Fort de France et Lamentin avec Domergue .
Et la menace sur l’Hôtel-Dieu de Paris.

Sur les hôpitaux anglais :
Il n’est pas bon d’être vieux et malade, même à l’hôpital !
Le cas de l’hôpital Saint-Bartholomew et son sauvetage in extremis.
Il y a un scandale sur des décès pour incompétence et négligence.

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Un commentaire pour Hospěs, Hostiă, Hostis, Hostus (2)

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