Le défibrillateur automatique, c’est magique.


Je me suis inscrite à une cession d’initiation à l’usage du défibrillateur automatique, organisée par la Protection Civile.
Rien que cela !
Je suis même parvenue à embarquer dans l’aventure un de nos ado’ de la tribu, autant dire un exploit.

Sous un barnum en place publique, la Protection Civile se faisait fort de nous rendre incollable sur la manipulation de l’engin, de plus en plus présent dans les lieux publics.
Et ce n’est pas du luxe : cent personnes décèdent d’un arrêt cardiaque, chaque jour, hors milieu hospitalier. Avec des premiers secours dès la « crise cardiaque », il est possible d’augmenter l’espérance de vie.

Bref, me voilà avec une dizaine d’autres personnes, à intégrer un protocole en cas d’intervention :
établir le contact avec la victime (« Vous m’entendez ? », « ouvrez les yeux. », « Serrez ma main. ») pour évaluer son degré de conscience,
– poser une main sur son front et de l’autre, remonter son menton, afin de dégager sa gorge et empêcher le basculement de la langue au fond de la gorge (sinon, étouffement!) puis se pencher sur la victime, vérifiant qu’elle respire en écoutant sa respiration, en ressentant son souffle sur notre joue et en observant le soulèvement de son thorax,
appeler à l’aide, demander un défibrillateur à un témoin de la scène,
– commencer un massage cardiaque en cas de besoin.

Et nous nous retrouvons tous à genoux devant un mannequin réduit à sa plus simple expression (une tête, un torse), victime de nos massages. Le talon d’une main sur le sternum tandis que l’autre paume vient en appui, les bras tendus pour gagner en force, nous faisons le mouvement rapide de pompe (120 à 140 mouvements par minute … sportif !).

Dieu que c’est difficile de tenir la cadence ! En plus, mon mannequin s’obstine à ne pas cliqueter à chaque fois que je lui comprime le thorax. Il faut enfoncer de 5 à 6 cm la cage thoracique, pour de vrai … et obtenir ainsi un mélodieux « clic » pour le mannequin … Mes petits camarades, eux, cliquettent à tout va. Pareillement pour mon grand « nounouille » (boutonneux, reclus devant ses ordinateurs, grand et maigre, lymphatique au-delà du supportable …) qui s’acharne à sauver son patient.
Trop de déveine !
En déplaçant légèrement mon point d’appui, j’entends le précieux déclic. Ouf, je peux espérer sauver mon client.

Un formateur me rassure : mieux vaut un massage faible plutôt qu’une absence de geste.
Il parait même qu’un massage vous casse une cote ou deux …
Ben tient, et mon orgueil alors ?!
J’ai refais le « Shadoc », sans plus de réussite. C’est extrêmement vexant !

Puis il a fallu manipuler le défibrillateur.
Autant le formateur en avait un bien beau, fictif (pas de véritable « chocage » électrique, sur un mannequin en mousse, cela n’aurait pas été très pertinent, ni pour le patient, ni pour la mousse !) autant nous étions pourvu d’un « truc ».
Imaginez-vous une tablette en mousse expansée couverte d’un carton coloré pour simuler les boutons, de laquelle s’échappe deux ficelles reliées à des autocollants, pseudo électrodes.
Nous posons consciencieusement nos électrodes puis nous rangeons notre matériel.

Donc, nous n’avons pas eu, à notre tour, la chance d’entendre la voix mélodieuse de la voix qui nous guide dans la manipulation :
– « dégager la poitrine de la victime » ( dégrafer les vêtements, quitte à les couper avec la paire de ciseaux fournis avec la mallette de défibrillation, c’est étudié pour !)
– « écartez-vous, je lance le diagnostic »
– « procédure de « chocage » enclenchée, écartez-vous » (pour ne pas prendre le courant et en priver la victime)

Après l’électrisation, il faut laisser en place les électrodes pour que toutes les deux minutes environs, la machine refasse son analyse, avec ou sans « chocage ».
Quand les équipes de secours arrivent et prennent en charge la victime, elles repartent avec le matériel.
Pourquoi ?
Parce que la machine enregistre chacune de ses missions. Les paramètres permettent de retracer l’évolution de l’accident, bien mieux que tous les témoins présents sur place.

Avant de nous quitter, nous remplissons un petit questionnaire et il nous est proposer une journée de formation pour obtenir un diplôme de premier niveau.
Je vais y réfléchir, sérieusement.
Et vous ?

Fultrix.

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A propos fultrix

European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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3 commentaires pour Le défibrillateur automatique, c’est magique.

  1. Les premiers secours avec les pompiers c’est fait . c’etait du temps pas si vieux où je voulais être prof de judo  » diplomé » à coté de mes activités  » magistrales » (sic) j’ai donc passé le certif des premiers secours le reste n’a pas suivi je suis donc resté prof non diplomé toute ceinture noire pouvant dans le cadre fédéral prêter la main au prof de son club. Je ne me souviens pas du défibrilateur, sans doute qu’à l’époque c’était pas encore sur le marché. Pour éviter la crise cardiaque, non pas des jeunes combattants mais des arbitres soumis au stress de l’erreur de jugement on a introduit la caméra, c’est pas beau ça , je suis toujours en vie …

    • fultrix dit :

      Le défibrillateur pour les « quidams », c’est du « neuf » … depuis le décret de 2007.
      Mais ce n’est pas parce que le processus était mis en place que l’implantation des machines et la formation des gens soient instantanées.
      « Article R6311-14 du code de la santé publique :
      Les défibrillateurs automatisés externes, qui sont au sens de la présente section les défibrillateurs externes entièrement automatiques et les défibrillateurs externes semi-automatiques, sont un dispositif médical dont la mise sur le marché est autorisée suivant les dispositions du titre Ier du livre II de la partie V du présent code et permettant d’effectuer :
      1° L’analyse automatique de l’activité électrique du myocarde d’une personne victime d’un arrêt circulatoire afin de déceler une fibrillation ventriculaire ou certaines tachycardies ventriculaires ;
      2° Le chargement automatique de l’appareil lorsque l’analyse mentionnée ci-dessus est positive et la délivrance de chocs électriques externes transthoraciques, d’intensité appropriée, dans le but de parvenir à restaurer une activité circulatoire. Chaque choc est déclenché soit par l’opérateur en cas d’utilisation du défibrillateur semi-automatique, soit automatiquement en cas d’utilisation du défibrillateur entièrement automatique ;
      3° L’enregistrement des segments de l’activité électrique du myocarde et des données de l’utilisation de l’appareil. »

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