« Une fraude presque parfaite » de W.K. Black – Chapitre X. Les pires désastres proviennent de ce que l’on croyait connaître.


Photo recommandée par l’auteur, page 400 de son livre. Une adresse internet avait été fournie. Inopérante, je l’ai retrouvée ailleurs, sur le blog SPQR.

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L’escroquerie des caisses d’épargne a-t-elle permis d’empêcher que cela recommence ?

Non !

Pourquoi ?

Parce que les « experts » ne parviennent pas à intégrer l’idée selon laquelle un patron peut être un escroc de sa propre entreprise.

Le pire est que cette fraude est à l’origine des scandales financiers qui secouent régulièrement le monde de l’économie. Les formations universitaires sont insuffisantes et trop succinctes sur les techniques frauduleuses. Les diverses affaires n’y changent rien : les enseignants n’adaptent pas leurs programmes.

Problème supplémentaire : quand les fraudes déclenchent des crises par vagues successives, cela constitue un nouveau système économique particulièrement coûteux pour les finances publiques et donc pour le portefeuille du contribuable.

Mais plus que l’argent englouti, c’est le pilier du système capitaliste qui est atteint : la confiance.

Les conséquences sont dramatiques : décrédibilisation du système économique capitaliste, défiance envers les institutions et les personnels politiques, espérance de vie en régression, augmentation de la pauvreté etc …

Il faut bien comprendre que les marchés ne sont ni naturels, ni inévitables. Ils ne sont efficaces que parce qu’ils sont encadrés par des règles de droit, établies selon la culture locale.

Tout le principe de la fraude patronale repose sur le détournement des mécanismes de contrôle. Il y a une perversion par le mode de financement et rémunération de ces organismes de contrôle privés (cabinets d’audit, avocats, experts en évaluation d’actifs …) mais aussi par les règles comptables établies par acteurs du secteur eux-même …

Ce qui est le plus regrettable et obère le retour à la confiance envers ces intervenants, c’est leur manque d’introspection ou remise en cause. Faute de critique ou d’excuse, aucune réforme n’a été proposée ou mise en place dans leur secteur. Tout peut donc recommencer.

Autres points qui fâchent : les stock-options, les conflits d’intérêts, la notion de discipline de marché et les méthodes de direction des équipes de contrôle.

La « bonne réputation » et le « sérieux » sont les seules armes, richesses et fond de commerce des fonctionnaires et autres contrôleurs face aux entreprises dotées de lourds moyens financiers. Le choix des collaborateurs aux postes sensibles est donc primordial et doit être supervisé par les représentants de la Nation.

Fixer des règles, c’est bien. Avoir du personnel efficace doté de moyens, c’est mieux et donne un signal fort sur les réelles intentions du pouvoir en exercice.

Une actualisation dix ans après la première publication révèle que ce modèle américain s’est très largement exporté dans le monde.

Le scandale des subprimes, les prêts menteurs, le scoring de la clientèle et les fichier positifs des prêts, Bâle II, les CDS …

Personne n’a retenu la leçon et il n’est toujours pas « à la mode » de contester la déréglementation (dérégularisation), l’absence des contrôles (désupervisation) et la dépénalisation (« toilettage des textes » et opportunité des poursuites, voire transaction amiable entre l’Etat et le contrevenant).

 

Mise à jour en date du 20/09/2012 :
Du projet européen de la supervision des banques.
Mise à jour en date du 04/10/2014 :
La collusion continue malgré la loi Dodd-Frank Wall Street Reform and Consumer Protection act et la règle Volcker

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3 commentaires pour « Une fraude presque parfaite » de W.K. Black – Chapitre X. Les pires désastres proviennent de ce que l’on croyait connaître.

  1. Ping : “Une fraude presque parfaite” de W. K. Black | Calami, ite !

  2. 7.3 Il faut rappeler à toute personne que les articles 76 à 81 (Responsabilité civile et infractions) de la Loi sur la gestion des finances publiques peuvent s’appliquer, de même que les articles 121 (Fraudes envers le gouvernement), 122 (Abus de confiance), 322 (Vol) et 380 (Fraude) du Code criminel .

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