« Une fraude presque parfaite » de W.K. Black – Chapitre VI. Pacte avec le diable


1987 : la recapitalisation de la FSLIC et le début de la fin pour le speaker Wright.

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Après moultes rebondissements, le Congrès se dit officiellement prêt à voter la recapitalisation de la FSLIC mais le speaker bloque de nouveau le texte et la ligue des caisses d’épargne fait tout pour obtenir la dépossession de Bank Board de tout pouvoir d’investigation, de contrôle et de supervision. Bref, il devient une quasi coquille vide.

Pour obtenir le montant nécessaire à la recapitalisation, il a fallu accorder l’indulgence aux escrocs (l’indulgence consiste à leur faire rédiger une promesse de ne plus recommencer, après avoir remis en « ordre » leurs petites « affaires » … c’est tout le charme des transactions avec le procureur pour limiter les dépenses du budget judiciaire payées par les impôts du contribuable …) … Au point que dans l’idéal des caisses, les fonds à débloquer devaient l’être pour les caisses frauduleusement en faillite …

Le lobbying a été tellement efficace que le projet de recapitalisation s’est transformé en séances d’inquisition contre le Bank Board.

Tous ceux, représentants du congrès, qui ont soutenu les escrocs ne se sont jamais inquiété des conséquences financières ni pour leur Etat, ni pour leurs concitoyens alors même que leur réélection dépendait de la satisfaction de ces citoyens-électeurs … Mais qui se soucie de ces gens qui eux-même ne s’intéressent pas aux affaires de Washington, sauf le jour où ils doivent payer la note … s’ils se souviennent encore de qui est le fautif dans l’histoire ! La réélection de Bush puis celle du fils en dit long sur l’absence de discernement des électeurs …

Les relations entre les différentes instances de contrôle, le Congrès et ses commissions sont à couteaux-tirés. Et cela se complique avec l’ignorance des mécanismes de la finance par ceux-là même qui sont sensés la superviser au final, c’est à dire le Congrès.

Accéder au chantage du Speaker revient à lui donner prise sur le Bank Board et lui permettre de pousser ses exigences toujours plus loin. Le Bank Board s’efforce donc de ne pas abdiquer en expliquant tout et en fournissant tous les documents possibles aux diverses commissions chargées du dossier.

Autant les comités techniques prennent conscience de l’ampleur des dégâts, autant les élus des états gangrenés par les fraudes demeurent hermétiques aux arguments, subventionnés et flattés qu’ils sont par les escrocs et leurs lobbies.

Heureusement, la presse politique s’empare du sujet.

A la différence de la presse économique, béate devant le jargon financier de la « théo-économie », la presse politique sonde les rapports de force entre les « corps constitués » et flaire le « bon coup »… surtout avec le thème des impôts et des scandales. Ainsi, les articles s’articulent sur des faits contre des diffamations.

Le pire est venu du Trésor avec un argument contre productif : recapitaliser la FSLIC au-delà de 15 milliards de dollars était une ineptie parce que matériellement, la FSLIC ne disposait ni des moyens humains ni des moyens techniques pour intervenir.

Cet argument-massue, repris par les détracteurs du projet a bloqué toute tentative d’obtenir plus de fonds.

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