L’esprit français en cuisine


Je ne suis ab-sol-lu-ment pas une adepte des émissions culinaires télévisées.
Je ne comprends pas cette mode frénétique pour les plats en tube, mousse, cuillère et verrine.
Par contre, je reconnais un certain plaisir à regarder « panique en cuisine ».
Un chef, Gordon Ramsey, visite des bouis-bouis ou des restaurants en perdition et tente de les sauver de la faillite.
Vaste programme !

L’autre jour, je prends l’émission en cours de route et me voici débarquant au fin fond de l’Ecosse. Au milieu d’une campagne magnifique, une brigade tente de sauver une « auberge ».
L’équipe est jeune, un peu potache et semble pleine de talents.
Selon le chef, anglais, le soucis vient des plats : « TROP » !
Pour faire bref, ils sont : trop élaborés, trop savants, trop complexes … trop « français »… Oui, parce que le chef cuisinier s’appelle Loïc !

Tout l’enjeu est de faire comprendre au « frenchie » que mettre plus de 10 ingrédients ou saveurs dans un plat, c’est sophistiqué et indécelable pour la papille commune du client, incapable de saisir tant de subtilité.
Au delà de 5 ou 8, point de salut.
Et comme la clientèle « locale » n’est pas éduquée ou suffisamment sensible du palais (sympathique remarque pour les riches mangeurs du coin …), elle déserte les lieux, au décors « trop auberge ».
J’avoue que pour le décors, je n’ai pas fait attention.

Et voilà le gars Loïc (un prénom breton pour un natif du sud-est …) qui s’insurge : les plats doivent être goûteux et différents de ce que mangent habituellement les visiteurs. Il faut les é-du-quer  et les é-ton-ner !
Je ne suis pas loin de partager ce point de vue.
Après tout, venir au restaurant, n’est-ce pas pour trouver autre chose que ce qui se fait à la maison ? N’allons-nous pas au restaurant pour titiller nos papilles, sans pour autant verser dans la cuisine expérimentale ?
Ne me faites pas croire que vous sortez là uniquement pour mettre les pieds sous la table, sans autre ambition ?!
Il semble pourtant que cela soit la position du chef Ramsey, aidé dans sa critique par un ancien dirigeant d’un recueil gastronomique.

C’est à vous dégoûter de toute ambition ou recherche !
Le jeune chef est encore plein d’idéalisme culinaire.
Pourtant, il semble s’incliner.

Pour ma part, j’aurais suggéré de couper la carte en 2 : une partie pour les mangeurs ordinaires et une autre pour les « becs fins ».

L’avenir et une certaine cruauté financière diront qui avait raison.

Fultrix.

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