« Une fraude presque parfaite – W.K. Black – Chapitre V. Les patrons-escrocs du Texas recrutent Jim Wright


Ce qui met en colère l’auteur, c’est que l’implication du Speaker (démocrate) a favorisé l’élection de Georges Bush (Républicain ).

Ainsi, les responsables politiques de la crise des caisses d’épargne, par leur choix, ont coulé l’économie et remporté malgré tout l’élection présidentielle !

Les années 1985 et 1986 sont cruciales dans cette lutte d’influence.
L’auteur détaille tout cela.
Faute de détails comptables, je vous passe les intrigues.

Tout tourne autour du refinancement de la FSLIC et des pouvoirs de contrôle, de prise de contrôle et de poursuite du Bank Board, de FHLB des états, de l’OCC et autres organismes.
La FSLIC doit finalement être refinancée afin de pouvoir recapitaliser les caisses défaillantes et garantir les fonds aux clients-déposants, sans impliquer le Trésor Américain (et ainsi ne pas plomber le budget !).

Une structure de « défaillance » est crée, financée par les capitaux des FHLB et les recettes dégagées par la FSLIC … La structure émettant des bons afin de faire des emprunts … auprès d’établissements financiers qui prêtent à « prix d’or », aux frais des contribuables. Tout ceci dans le but de le faire apparaître ni au budget fédéral (ce n’est pas visible dans les comptes, donc respect de l’engagement de désendetter « le pays ») ni aux yeux des contribuables-épargnants lambda (qui doivent croire à la doctrine néo-libérale sur les marchés auto-régulés et donc on fait le choix de dissimuler l’ampleur du problème, source de possible panique générale) … Si ce n’est ni de la complaisance ni de la complicité, quel mot reste-t-il ?!

Pour la pratique française, je vous renvoie aux publications de la Cour des Comptes : les participations de l’Etat et le bilan de la gestion par défaisance

Cette bonne idée avait juste un défaut : si toutes les caisses sont défaillantes, ou presque, comment pourra-t-on demander leur participation au financement de la nouvelle structure, via les FHLB et la FSLIC ?

Autre soucis : comment permettre à la FSLIC de dégager des profits à réinvestir dans la nouvelle structure si tout ses fonds partent dans des opérations de sauvetage ?
Au final, les caisses restées saines allaient se retrouver à payer pour toutes les autres, au risque de se mettre elles-même en péril…
Cette idée, insoutenable en terme d’équité et de financement, a conduit à une entente contre nature entre les fraudeurs et les honnêtes gérants : les fraudeurs ne souhaitant pas voir disparaître leur combines, les honnêtes refusant de payer pour les escrocs.
Cette entente a eu lieu avec connivence et détermination, chantage politique de la part de membres du congrès auprès de l’administration Reagan.

L’enjeu était la recapitalisation de la FSLIC. La ligue disait qu’il n’y avait aucun soucis dans les caisses donc aucune raison de recapitaliser, sauf à se montrer « autoritaire et totalitaire » (on est vite taxé de « socialiste » …). Le Congrès s’est montré bienveillant envers les caisses d’épargne car il entend à longueur d’année les administrations réclamer plus de moyens … Il n’a donc pas cru l’administration du Bank Board d’autant plus que l’administration Reagan cachait l’ampleur du problème …

Pourtant, cela commençait bien : le GAO (version abrégée  – version site officiel  organisme d’audit et conseil du Congrès) s’est montré favorable à la recapitalisation, à la suite d’audition des membres du Bank Board et autres enquêteurs sur place (recommandation sur la régulation financière ).
Sauf que le speaker de la chambre des représentants met le vote en attente permettant ainsi la mise en place du chantage auprès du président du Bank Board, aidé en cela par des sénateurs et autres politiques ou financiers.

Réunions secrètes, pressions, retournement de personnels et autres intervenants, rumeurs et pots de vin … de la pure politique de lobbying contre menaces de fermeture d’établissement, prises de contrôle, mises en redressement ou liquidation. Faillite de caisses ou ruine de fraudeur sont les enjeux… Et certaines administrations contreviennent aux procédures décisionnelles dans le seul but de plaire aux fraudeurs, avec luttes d’influences, tentatives de déstabilisation, menaces de licenciement, contrôles sur place avec des personnels incompétents dans le seul but de discréditer le Bank Board et la FSLIC, à la clef.

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