De la stigmatisation de la « Dette »


Un ami m’envoie un lien évoquant la diabolisation de la dette souveraine, en générale.
Il est vrai que le sujet passionne quand on pense à la crise grecque, les risques encourus par l’Italie, l’Espagne et le Portugal, voire la France.
Il passionne aussi quand le débat porte sur la rigidité intellectuelle de  l’Allemagne sur les Euros-Bonds.

Donc, pour résumer l’article, s’endetter est un moyen légal et juste parce qu’il permet de réaliser plus vite un projet.
Je prends un exemple simpliste : envisagez-vous d’économiser toute votre vie pour vous acheter une maison à la fin de votre vie, avec la satisfaction de la payer rubis sur l’ongle  ?! Non. Croyez-vous qu’un Etat puisse financer de gros projets tout en faisant tourner son administration ? Non.

Si le nouveau ministre est taxé de reprend cette rhétorique, c’est peut-être pour travailler son image de « sérieux » et casser l’image de « gauchiste dépensier ». J’espère (tout en condamnant le procédé) que c’est à usage électoral afin de ne pas donner prise à la critique des partis de droite. Il faut admettre que certains électeurs votent par habitude ou par peur pour des candidats qui voteront des lois qui leurs seront défavorables. Dans le même temps, la droite (conservateurs et autres, selon les pays) qui critique tant la dette, n’est pas exempte de reproches quand on étudie le déficit et la progression de la dette, pour la France.

La thématique de la diabolisation a pris naissance aux USA avec les Républicains (Bush, Reagan, dans le désordre !). Seulement, le sujet ne concerne que l’Etat. Pour eux, seule, la dette d’Etat est « mal ». Cette distinction est souvent oubliée. C’est donc l’implication de l’Etat dans le développement et le financement de projets nationaux qui est en jeu.

Je ne comprends pas par contre, comment ce discours parviendrait, selon l’auteur de l’article, à un assèchement du crédit aux entreprises ou aux particuliers. Il y a un raccourci que je ne m’expliquerais que par l’idée, présentée par l’auteur, de l’émergence d’une nouvelle formule de financement : le High Yield.
En effet, les banques et les caisses d’épargne américaines sont dans la tourmente.
La crise financière, née du scandale des caisses d’épargne américaines puis des prêts menteurs (subprimes et autres) avec fraudes comptables patronales et dettes souveraines, sous des gouvernements républicains, plombe lourdement la confiance et la bonne circulation des flux monétaires et financiers.

Comme les besoins de financement persistent, des « petits malins » mettent en place d’autres circuits non réglementés. Malheureusement, ils sont extrêmement risqués et sources de bulles, crises et déroutes financières … et ce n’est pas moi qui le dit !
L’auteur de l’article des Echos, en en faisant un certain prosélytisme me laisse à penser qu’il est lui-même intéressé mais je ne suis pas certaine qu’il ai bien compris toutes les conséquences et les risques que cela entrainerait : l’aggravation de la crise financière !

Ce coté « non réglementé » me fait penser que cela n’a rien d’anodin. Les Républicains ont toujours détestés la réglementation, de la finance en particulier, au point de déstabiliser le secteur et même encourager la fraude comptable patronale. Ces mauvaises pratiques, encouragées, ont abouti à plumer le consommateur ou l’investisseur avec des prêts « frelatés » comme l’explique si bien William K. Black dans son ouvrage  » une fraude presque parfaite » …

Bref, stigmatiser la diabolisation de la dette afin de glorifier une pratique extrêmement plus risquée pouvant aggraver la crise et assécher plus encore les flux me parait être un paradoxe difficilement explicable !

Le mieux est encore de revenir à de bonnes pratiques et à de la réglementation. C’est facile (juste des règles à poser) mais politiquement et financièrement très dangereux. Car si vous imposer les règles, ceux qui en jouent, financièrement puissants, peuvent couler un pays (rappelons-nous les scandales nés de l’intervention sur les marchés de G. Soros) et en restreignant les possibilités de « faire des affaires » vous cassez l’activité économique du secteur économique en général (l’économie réelle a besoin d’argent pour investir …) et vous revenez à des taux d’activité, PIB et autres à des niveaux d’il y a trente ans en arrière …

Est-ce socialement soutenable ?!

Fultrix.

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