Le chauffagiste n’entretient plus sa flamme !


Aujourd’hui, le chauffagiste est venu inspecter ma chaudière au gaz.

Cette visite annuelle permet une discussion sur l’évolution technologique des matériels mais aussi sur l’évolution de la vie de l’entreprise prestataire de service.

Pour le matériel, pas de surprise. Il suffit de suivre les progrès pour décider au plus juste, en cas d’intervention d’urgence de la « machine ».
Par contre, pour le technicien, tout se détraque.
C’est comme partout mais c’est cette tendance générale qui me met en colère !

Comme je m’extasie sur les petites merveilles de technologies qui l’accompagnent, le chauffagiste fait la grimace.
Il dispose d’une sorte d’assistant électronique (un PDA, comme les livreurs de colis ) avec une antenne aussi élégante qu’en morceau de sucre, un écran tactile et un stylet. Le tout a la taille d’un livre de poche.
Pour moi, avec cet engin, il s’agit de signer le bon de passage et d’intervention.
Pour mon visiteur, c’est un traceur, un mouchard avec GPS, surveillant le temps passé chez chaque client et sa localisation.

L’autre machine est une mini-imprimante.
Pour moi, c’est le nouveau modèle du bon d’intervention : papier thermique de moins de 30 cm de long et de 10 cm de large avec ma signature retranscrite de l’assistant.
Pour lui, c’est la transmission électronique et instantanée au réseau de l’entreprise et la mise à jour des interventions. Merci au système de la 3G, qui réduira le personnel administratif, faute de bons à classer et à pointer avec le fichier-client.

Dans la même veine du « progrès logistique », prochainement, il faudra renoncer aux astreintes de nuits en semaine pour vous dépanner en cas de soucis, plus ou moins graves.

Depuis vingt ans que je soigne mes chaudières dans le même patelin, j’ai vu la situation se dégrader.
A l’origine, je pouvais choisir entre deux gros prestataires de service d’entretien et d’installation et d’une foultitude de petits artisans proposant l’entretien seul ou couplé à une installation nouvelle.
Puis, l’un des gros prestataires à absorbé l’autre.
En remontant la chaîne des actionnaires, nous arrivons directement à un fournisseur d ‘énergie récemment privatisé.
Quant aux petits artisans, ils privilégient l’installation en grand nombre, surtout avec des programmes de lotissements.

Si les astreintes sont amenées à disparaître et si les automates de secrétariat se développent, le technicien, lui, ne profite pas pour l’exercice de son art, des améliorations techniques. Alors qu’elles existent, il ne lui est pas permis de bénéficier de nombreuses applications telles que des modes d’emploi d’installation ou de réparation (sur documents électroniques), de pièces détachées de chaudières antiques ou de dernière génération.

Ce qui est préjudiciable à « l’homme à la blouse », l’est aussi, par ricochet, pour le client qui ne profite pas du « meilleur ».
Par contre, l’employeur traque, surveille et pointe son personnel (et en réalité toutes ces hautes-technologies ne semblent dédiées qu’à cela) pour maximiser le moindre euro à son bénéfice, au détriment de l’entreprise et ses investissements.

Décidément, vivement dimanche, pour que nos votes expurgent cette logique, socialement criminelle ! Rêvons un peu !

Fultrix.

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European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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