Une fraude presque parfaite – W. K. Black – Préface de Jean de Maillard :


Cet ouvrage a été publié aux USA en 2005.
Ce n’est pas qu’un récit d’un épisode américain parce qu’en effet, il décortique les racines d’un mal que nous subissons encore actuellement :
– Parce que l’Amérique conditionne encore l’état de l’économie mondiale (avec la globalisation économique et financière basée sur la libéralisation financière sauvage née d’une illusion de la « mondialisation heureuse »)
– Parce qu’il décrit le modèle d’une gouvernance qui gangrène le monde (avec une logique prédatrice où Etats et gouvernements ont laissés la Finance prendre la main).

Le plus ahurissant est que économistes, médias, politiciens ont nié et nient encore pour certains l’ampleur de la fraude. Les faits révèlent pourtant que cette fraude est consubstantielle  au système des marchés. Mais le dire alors que tous encensaient ce système était impossible, sachant que certains « nouveaux convertis » venaient d’y trouver des avantages personnels. Maintenant que le système vacille, il est encore impossible pour beaucoup de le dire car il faudrait procéder à une profonde introspection de soi et du système par nature frauduleux.

Cet ouvrage permet de revenir sur les causes de la crise des caisses d’épargne, analyser les erreurs et les fautes commises afin de remédier aux errements et revenir sur les mécanismes de fraude patronale (« control fraud ») dans le fonctionnement même de l’économie et de la finance. Cela obligera à effectuer une « révolution » afin de faire sauter des verrous mentaux, des routines intellectuelles telles que l’incapacité à envisager les propriétaires d’entreprises comme pouvant être parfois, des escrocs.

La science économique doit se remettre en cause et la criminologie doit entrer comme biais d’analyse, via la délinquance « en col blanc ». La fraude est un élément économique qu’il ne faut pas écarter sous prétexte que les mécanismes économiques sont des rouages bien huilés qui s’équilibrent les uns avec les autres par la grâce de la fameuse « main invisible » des marchés.

La fraude n’est pas un accident de parcours, elle est systémique : elle s’exprime à travers divers mécanismes, implique la complicité ou relève de l’initiative des gouvernements, des administrations, des organismes de contrôle et des entreprises, même si ce sont les consommateurs finaux (les clients) qui paient les pots cassés.

Pour conclure, la fraude est un mode de management « comme un autre » entraînant une subversion générale du système.

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2 commentaires pour Une fraude presque parfaite – W. K. Black – Préface de Jean de Maillard :

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  2. Ping : Une analyse dissonnante sur le monde de la finance … | Mar(r)ie de Laval

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