La ménagère se rebiffe !


Et même pas apprivoisée !

Et surtout, Mégère connaît une importante colère contre « le grand capital », celui « qui se goinfre sur le dos du peuple », idem contre les grandes surfaces « qui ne respectent que leurs actionnaires (forcément avides, ndlr) et vendent vous savez quoi au pauvre consommateur, tondu, berné, etc… »

In-sur-rec-tion !
Le mot est lâché !

Ainsi donc, ai-je croisé ma voisine et son fidèle caddie (choisissez votre modèle !), ses courses et sa mauvaise humeur. Elle fulminait intérieurement et grommelait sa hargne.

J’ai eu la malencontreuse idée de sortir au moment où elle s’en revenait. Trop contente d’exprimer sa rage, le flot de paroles et le fiel des propos se sont déversés sur moi (qui suis une pauvre faible voisine sans défense …). J’ai donc joué mon rôle et reçu avec commisération, opinant du chef le plus à propos possible.

–  « Se moquer du monde à ce point ! Plus c’est gros, plus ça passe, c’est à croire ! Et l’aut’e gourde qu’a rien compris ! … »

(Moi non plus d’ailleurs ! Impossible d’identifier la gourde en question)
– «  Regardez-moi çà ! » m’ordonne-t-elle en agitant son smartphone sous le nez. « j’ai des preuves ! Faut met’ çà dans vot’e blog ! »

Je prends son appareil, fait le point et trouve une série de clichés, de différentes dates. C’est à croire que la voisine avait une idée derrière la tête !

Séquence diaporama :
Les excuses du magasin pour la rupture de stock, momentanée.

1 - Les excuses du magasin

1 - Les excuses du magasin

L’accusation d’avidité du producteur qui cherche à étrangler la centrale d’achat et le consommateur final.

- La cupidité des producteurs ...

2 - La cupidité des producteurs ...

La campagne promotionnelle sur la guerre des prix dans le seul but de sauver le pouvoir d’achat du consommateur …

3 - La bataille des prix

3 - La bataille des prix

La juxtaposition de bocaux de la marque du magasin.

4 - Comparatif des bocaux de légumes

4 - Comparatif des bocaux de légumes

Bref, tout y est !

La voisine n’a jamais fait sup’de Co’ mais a très bien intégré et décrypté le « baratin du camelot ».

Mises bout à bout, ces photos illustrent parfaitement le novlangue (prendre un mot et détourner son sens. Par exemple détente = la relaxation ou la gâchette de l’arme à feu …).

En l’espèce, le consommateur tient le rôle du corbeau ( celui de la Fable de Monsieur de la Fontaine) qu’il faut fidéliser, flatter et à qui faire croire qu’il est l’unique objet de toutes les attentions du magasin.
Unique objet, certes, parce qu’il est celui qui va dépenser son maigre argent qui fera les gros dividendes de l’entreprise pour ses actionnaires, parce que les salaires de base de la grande distribution n’ont pas bonne réputation (Tiens, ça y est, je parle comme ma voisine ! Argh!).

En fait, à travers ces clichés, le magasin, conscient que la rupture d’approvisionnement révèle parfois des soucis de trésorerie ou de santé économique d’une structure, voire rappelle douloureusement le rationnement d’après guerre ou sent le collectivisme du Goum (Visite guidée en video), se sent obligé de se justifier. C’est momentané, faut pas s’inquiéter !

Seulement, voilà, la pénurie se prolonge. Les étalagistes ignorent les tractations de la centrale d’achat. Ils se contentent de placer les produits, en fonction des arrivages. Ils ne maîtrisent plus, et cela depuis un certain temps, les commandes auprès des fabricants.

Le temps poursuit son œuvre. Les produits manquent toujours. Le client risque de s’énerver ou d’aller voir ailleurs ! Arrive le mot accusateur envers le fabricant qui en « veut toujours plus » (c’est pourtant lui qui s’embête à fabriquer, ou faire fabriquer, loin, pour tirer sur les prix et sauver sa marge …) au risque d’étrangler financièrement, au final, le consommateur, pour qui la fin du mois commence parfois dès le 10… Heureusement qu’il lui reste la marque du magasin pour trouver un produit équivalent, moins cher, etc … Parce que le magasin a intérêt d’avoir encore des clients qui le font vivre …

Concernant le discours, j’ai la curieuse impression de déjà entendu. C’est à peu près celui de certains employeurs envers leurs salariés (ceux qui créé la richesse…) : « c’est la crise, « on » a fait du chiffre mais çà a été dur, « on » sait pas ce que demain nous réserve, et puis la concurrence, et puis les charges … et puis les dividendes qu’il faut maintenir, sinon « on » aura plus de capital pour investir si les actionnaires se retirent ?! »

Heureusement, le magasin a de la ressource : sa marque !

Seulement, curieusement, là aussi, l’étal est parfois vide. Le magasin a juste oublié de préciser qu’il sous-traite la fabrication, parfois auprès de « marques », et qu’en dépit de tout, il veut garder ses marges pour garantir ses propres dividendes à ses propres actionnaires et tant pis si le volume de la conserve ou du sachet diminue … comme tend à le démontrer le dernier cliché de légumes.

Au final, il y en a un qui se retrouve fort embarrassé de son « mistigri » : le consommateur !
Et ma voisine a perdu 50 gr de produit dans sa casserole pour un prix mécaniquement en hausse.

Fultrix.

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European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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