Damoiselles et Damoiseaux !


Le gros sujet qui a tenu le buzz vingt-quatre heures durant est la fin de la case « mademoiselle » des formulaires administratifs.
Ouais ! Çà, c’est du lourd !

Quel est le problème ?

Juste en préambule et aparté, figurez-vous que cette malheureuse case va s’évanouir en vertu d’une simple instruction administrative ( un ami m’a promis le document, patience !).

Figurez-vous que l’administration, aussi manœuvrable qu’un supertanker lancé à pleine vitesse qui doit piler, ne souhaite absolument pas commettre d’impair.
Rappelez-vous les speakerines de l’ORTF ( Dieu ! Çà date!) :
« Bonsoir mesdames, bonsoir, mesdemoiselles, bonsoir, messieurs »

Plus avant dans le temps, les Hérauts saluaient la foule avec leur historique « Oyez, oyez, nobles dames et gentils seigneurs », sachant que certains des-dits seigneurs avaient la gâchette facile défouraillaient pour une peccadille, gentiment …
Notez que les manants, la valetaille, les gueux n’avaient pas droit aux salutations. Personne ne parle aux meubles …
Inutile également de s’intéresser aux damoiselles et damoiseaux. Avant quinze ans ce sont des enfants et ne sont donc pas admis aux réjouissances d’adultes et, après cet âge, mariés, en charge de famille, ils n’ont plus rien de damoiseaux.

Après la Révolution Française, les mariages ne sont plus autant arrangés qu’auparavant, tout ce perd ! Par contre, il est une infamie de demeurer célibataire, pour une dame, surtout. Soyons pratique : hors le mariage et la descendance, point d’existence sociale. En l’absence de convolage, votre réputation est faite : quelque tare insurmontable vous touche !

Dans le même temps, dans les « bonnes familles », les enfants n’accèdent à la table des adultes qu’à partir de quinze ans (encore!) et n’ont le droit de parler que s’ils sont interrogés. Chacun doit rester à sa place.

Passé la quinzaine, pour les mères, l’enjeu est de « placer » sa fille. Elles disposent de cinq années pour trouver le « bon parti » et confectionner le trousseau. Les garçons, eux, n’ont qu’à faire leur « marché », dans le vivier des demoiselles, avec l’aval de leur propre mère, puis faire leur demande auprès du père de l’heureuse élue. Il faut amadouer les premières pour mettre le grappin sur les secondes… Une sorte de maquignonnage, les sentiments en plus, parfois.

Vous comprenez maintenant l’intérêt de saluer les mères puis les filles, sans opérer de distinguo chez les messieurs puisqu’ils tiennent les rennes.

Le code civil avait déjà tout organisé : la possibilité de convoler en justes noces avant la majorité (21 ans à l’époque !) avec l’accord des parents. Sachant que si de droit, « le mariage émancipe » ( article 413-1 code civil ), Madame passait de fait de la tutelle paternelle à celle de l’époux, seul chef de famille (jusqu’en 1970) reconnu.

De nos jours, en France, les femmes peuvent travailler, sans demander l’autorisation à leur époux, selon leur goût et leur envie ( en 1965), disposer de leur propre compte en banque ( en 1965), maîtriser leur fécondité (pilule en 1967 et avortement en 1975) et sont cogérantes (1985) de l’autorité familiale dans le mariage.

Ne reste que l’administration et sa paperasse qui, aux yeux de certaines féministes, ne parvient pas à suivre l’évolution des mœurs.

Après l’usage, puis le droit, au double nom parental pour la progéniture (en usage, 2001, en droit, 2002 ), voici que le terme « mademoiselle » est dans le collimateur.

Les anglo-saxons se sont fendus de l’intraduisible [miz] , amalgame improbable entre miss et missis (mrs). De mémoire, le Major Thompson , dans ces célèbres carnets (auteur Pierre Daninos ) s’en était fait des gorges chaudes. C’est dire si l’affaire est ancienne.

La case n’y est pour rien. Certains formulaires se contentent d’exiger vos nom, prénoms, adresse sans vous demander si vous êtes homme ou femme, pas de case litigieuse.

Par contre, que faut-il attendre d’un hypocrite toilettage administratif quand toute une société doit revoir ses pratiques sur le plafond de verre, la présence féminine aux plus hautes fonctions électives ou professionnelles … et que les « demoiselles » reviennent en force avec les maisons de tolérance, dans les films ou les scandales politico-financiers ?

Fultrix.

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European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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2 commentaires pour Damoiselles et Damoiseaux !

  1. Gilbert Bécaud se retourne dans sa tombe

    • fultrix dit :

      Je vous remercie !
      Il faut savoir soutenir la création française, victoires de la musique obligent !…

      Il va sans dire que vous avez le bonjour de Nathalie !

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