ΤΟ ΠΑΡΑΔΟΞΟΝ ΕΛΛΝΙΚΟΝ


το παραδoξόν ελληνιχόν
(Le paradoxe grec ou « les affaires, c’est la guerre »)

Texte édité la première fois le 18/03/2010 qui mérite réédition afin de ne pas oublier le fond du problème.

 oOo

La Grèce, berceau de la démocratie, des arts et de la philosophie, connaît des heures difficiles et un avenir social, politique et financier douloureux.

Il préfigure également le nôtre.

A la lecture de nombreux articles, papiers, et déclarations diverses, j’en viens à comprendre qu’il y a deux niveaux de présentation du dossier, dont une particulièrement inavouable mais seule cause de la crise actuelle…

Pour savoir de quoi il s’agit et bien appréhender le pourquoi et le comment, je vous propose un bref rappel des faits, tels qu’ils nous sont révélés à ce jour.

Nous tenterons ensuite l’analyse des enjeux qui se profilent.

Les faits :

En 2000, l’Euro fait son entrée dans l’Union. Il est présenté comme un gage de stabilité économique.

De nombreux pays souhaitent en profiter mais les critères de Maastricht sont draconiens en matière de déficit public.

Pour obtenir son ticket d’entrée, la Grèce « embellit » ses comptes publics en 2001 et 2002.

Pour y parvenir, elle recours aux services de la banque Goldman-Sachs, entr’autre.

Le temps passe et nous voici avec le gouvernement Karamanlis, conservateur.

En 2007, les difficultés à gérer les feux de forêts, puis en 2008, les émeutes étudiantes, à la suite de la bavure policière, mortelle pour un jeune manifestant, aboutissent à sa chute lors d’élections législatives anticipées en octobre 2009.

La « gauche » l’emporte.

Fin novembre 2009, les difficultés s’amoncellent pour le nouveau gouvernement grec.

Début décembre, les agences de notation Fitch Moody’s, Standard&Poor’s déclenchent une panique des marchés boursiers en dégradant la note du pays. D’autres agences suivent pour renchérir sur la dégradation.

Fin décembre, la Grèce doit voter un projet de budget de « purge » pour forcer la diminution des dépenses publiques et augmenter les recettes en relevant tous les impôts et taxes existants, ou presque car emprunter de l’argent sur les places financières met en péril ses comptes et sa capacité à rembourser.

Le gouvernement grec annonce un premier plan d’austérité.

Les Etats Européens se réunissent pour décider de mesures de sauvegarde à prendre…

Les « marchés  financiers » renchérissent et réclament des plans d’austérité à touts les Etats en déficits « profonds » et parient sur la faillite de quelques uns, élégamment dénommés PIGS (Portugal, Irlande, Grèce, eSpagne)…

La Grèce entame l’année 2010 sous la tutelle des organismes de régulation de l’Europe et du FMI.

Tous les autres pays membres, mais aussi les Etat-Unis, se déclarent en faveur de la rigueur budgétaire et la réduction des déficits publics …

En janvier et février sont annoncées en Grèce des mesures concrètes :

  • Pour l’Etat : abandon des mesures de relance, gèle des embauches dans la fonction publique, baisse des dépenses militaires et hospitalières, hausse des recettes fiscales, des taxes pétrolières, tabacoles, téléphoniques et foncières.
  • Pour les populations : baisse des salaires des fonctionnaires, retard de l’âge de départ en retraite…

Si la Grèce est le premier pays devant se soumettre à de telles dispositions, d’autres pour retarder ou échapper à ces mesures sont contraints à faire de troublantes déclarations.

Ainsi, la France, par l’intermédiaire de son directeur de l’agence France-Trésor (en charge de la dette de l’Etat) déclare ne recourir qu’à des instruments financiers « conventionnels » (c’est à dire non « toxiques » ou non « truqués »).

Le Portugal présente lui aussi un plan d’austérité, tout comme l’Espagne.

Plus surprenant, la Grande-Bretagne subit des attaques sur sa monnaie et le président Obama déclare : il est « primordial de maîtriser les déficits budgétaires accumulés depuis trop longtemps ». Ceci, afin de ne pas « mettre en péril le rétablissement économique » du pays.

Les Etats trembleraient donc devant les « Marchés » qui s’érigent aujourd’hui en « pères la morale », « pères la vertu » voire « pères fouettards » alors qu’il y a encore quelques mois, ces mêmes marchés défrayaient les chroniques boursières et politiques, affolaient les petits porteurs, avec leurs annonces quotidiennes de scandales (rappelons-nous aussi Enron, Parmalat, Andersen Consulting) leurs bulles spéculatives (internet, immobilier, cours des matières premières, subprimes) et leurs orgies de rémunérations en tout genre (parachutes dorés, stock-options, retraites mirifiques) et leurs sauvetages par la seule grâce des finances publiques, c’est-à-dire nos sous !

Bref, c’est le monde à l’envers !

Pour s’en convaincre, observons les taux pratiqués pour les crédits :

  • auprès des « grosses » entreprises : Les banques se financement auprès de la BCE, de la Fed et autres banques centrales à des taux oscillant de 0,5 à 1%…
  • auprès des Etats : La grèce a obtenu en début 2010 du 6% mais pourrait connaître un renchérissement à 7 ou 8% (Tandis que la France bénéficie d’un taux de 4,10% en OAT sur 50 ans)
Un tel écart devrait se justifier par le redressement spectaculaire des établissements privés et le signe d’un retour à la croissance … Ce n’est pas ce qu’observent les gens ordinaires ni le FMI ! Ce dernier estime même à plus de 3 trillions de dollars les mauvaises créances qui sont dans les banques sans parler des dettes de très mauvaise qualité quelles détiennent…Ce grand écart est dû à l’idéologie qui sou-tend le raisonnement des agences de notations repris par les analystes des divers fonds d’investissement. Ils y trouvent en plus un intérêt « professionnel » via les spreads et les CDS, devenus de puissants instruments de spéculations pour une mise de fond « minime ».En février Jean-Claude Trichet disait « qu’objectivement, il n’y a aucune raison que les marchés financiers, feignant de croire que la Grèce sera incapable de rembourser ses dettes, attaquent ce pays aussi durement. Les déficits publics devraient y être moindres en 2010 que ceux de Londres, de Washington ou de Paris. Fin décembre 2009 encore, la Société générale publiait une note d’analystes extrêmement optimiste sur la Grèce » .Mais à ruiner par les taux d’emprunts « spéculatifs » les Etats, les financiers jouent à la double roulette russe : ils vendent des moyens « ruineux » pour les Etats, risquant la défaillance pure et simple et donc la leur, et ils se privent de tout soutien lorsqu’à leur tour, ils connaîtront un nouveau crack qui ne saurait tarder, vu les résultats mirifiques récemment dégagés dans leurs activités spéculatives …Et après la Grèce, d’autres pays connaitront le même sort …Si la concentration des attaques boursières sur les pays du sud de l’Europe m’a laissé supposer qu’il y avait une attaque en règle sur l’existence même de l’Euro et l’union politique naissante, les déclarations de l’agence France-Trésor, les coups portés aux pays anglo-saxon et les soucis du président des Etats-Unis m’ont finalement confortée dans une certitude : il s’agit d’autre chose, de bien différent !

Il s’opère un recalibrage des forces : après les affrontements Est-Ouest, puis Nord-Sud, nous assistons à celui des Financiers contre les Etats.

Analyse des enjeux :

Nous sommes dans la deuxième phase d’un nouvel équilibre mondial.

La première est née de la crise des subprimes en septembre 2008 … après les scandales Enron et compagnie et un début de « nettoyage ».

Cet hivers-là et durant l’entière année 2009, les Etats ont dû massivement injecter de l’argent dans le circuit économique bancaire pour sauver ces établissements ainsi que l’économie réelle.

Les G20 et les Sommets Européens ont beaucoup glosés sur les parachutes dorés, les primes des traiders et autres stock-options.

Nous avons également assisté à des prises de positions tonitruantes sur les paradis fiscaux.

Et puis, plus rien, ou presque !

Ah, si ! Des fichiers de contribuables expatriant leurs « trésors » chez les Helvètes ou ailleurs, fichiers rachetés à prix d’or, ou bien volés, et puis la présentation d’une liste noire des pays pratiquant « le tourisme de l’évasion fiscale ».

Cette vision n’a pas été évidente, car en février 2010 encore, toutes les analyses focalisaient sur la monnaie unique.

Le magasine l’Express titrait alors : « Ceux qui veulent dynamiter l’Euro ».

En enquêtant sur les « spéculateurs » (il faut bien un coupable !) des mécanismes de marché ont été analysés comme des moyens pour « faire de l’argent » à peu de frais. Il s’agit d’acheter des actions avec moins de 20% de l’argent pour payer puis tout revendre à bon compte avant la fin du mois… pour régler le prix d’achat : c’était le marché à terme « action » du règlement mensuel devenu le SRD.

Aujourd’hui, ce sont les CDS ( credit default swaps : instruments financiers complexes, permettant à l’origine aux prêteurs de s’assurer contre le risque de défaut de leurs débiteurs ; plus la perception du risque est élevée, plus la valeur du CDS augmente ) et les spreads.

Malheureusement, les CDS relèvent d’un marché de gré à gré, non régulé, où il est possible d’acheter et de vendre sans détenir les titres d’emprunt correspondants…

La France, l’Allemagne et la Grèce demandent, en cette première quinzaine de mars, à la Commission Européenne d’enquêter sur le recours abusif de ce moyen de couverture des risques pour prendre d’éventuelles sanctions et mesures propres à encadrer son usage.

Il devient donc urgent de pousser l’intégration politique de l’Europe à fin de couper court à toute tentative de déstabilisation financière.

Pour une réforme institutionnelle :

Habituellement, en cas d’attaque, les auteurs sont désignés.

Là, je n’entend rien de la part des « officiels » pourtant toujours prompt ces derniers temps à fournir un « bouc émissaire » à la vindicte populaire.

En l’espèce, les « coupables dissimulations » du gouvernement grec sont seules en cause.

Les divers gouvernements et Bruxelles s’inquiètent de la « contagion » aux autres états membres, du risque économique qui pèse sur les entreprises mais personne n’envisage d’aider ou subventionner la Grèce car « les institutions ne le permettent pas », « parce que la Grèce est capable de s’en sortir seule »…

De qui se moque-t-on ?

Où est la volonté de sauver l’un des membres pour que « l’effet domino » ne joue pas. Ne sommes nous pas dans une Union, un Marché Unique ?

Ben non ! Nous sommes seulement dans une « Zone Euro »…

Pour « l’anecdote », il faut comprendre que les agences de notation « évaluent » les Etats et leurs dettes. Ces agences sont par ailleurs des établissements de crédits et de placement qui achètent aux Trésors de ces mêmes Etats les OAT émises, permettant à leurs clients de « petits investissements ».

Regardez bien qui sont les SVT de l’Agence France-Trésor

Quel est le rôle de ces SVT : « Les SVT (spécialistes en valeur du trésor) sont les seuls intermédiaires autorisées par le trésor pour participer directement aux émissions de la dette de l’Etat. Ces SVT sont donc les seuls interlocuteurs à fixer les montants de dettes qu’ils sont prêts à acheter et le prix qu’ils sont prêts à payer à l’Etat.

Les SVT ont ensuite pour rôle de revendre la dette de l’Etat aux autres banques et investisseurs non SVT, si possible en faisant une marge au passage.

Le sondage porte sur la qualité de prestation des SVT vis à vis des acheteurs finaux. »

Et personne n’a vu venir le problème ?

Pourtant un éminent économiste, s’étonne dans un journal : « Pour en arriver là, il a fallu une bonne dose d’aveuglement collectif. Sur les finances grecques d’abord (…). Qu’une fraude aussi massive ait pu se perpétuer aussi longtemps sans que l’Union déclenche une procédure d’audit souligne à quel degré d’aberration peut conduire le souci de non-ingérence dans la gestion des partenaires ».

Il semble surtout qu’existe une grosse hypocrisie digne de la statuette des trois singes chinois : Pas vu, pas entendu, pas dit !

Pourtant, les causes et les acteurs de la « crise Grecque » sont connus.

Il s’agit :

  • des mécanismes fondateurs de la monnaie unique
  • des institutions financières
  • des marchés « dérivés » de la bourse
Car l’euro, merveilleuse invention que le monde nous envierait, aux dires de certains, n’est l’instrument économique d’aucun gouvernement !Il existe et tourne dans le vide !Pas de gouvernance pour décider de son évaluation … les marchés s’en chargent, à leur profit.Pas de possibilité d’avoir une politique financière et monétaire car idéologiquement et politiquement les patrons de la BCE, de l’Eurogroupe et de la Commission Européenne s’affrontent !L’Euro n’est pas le Dollar ! Il est né dans une « Union » où chacun conserve sa langue, sa politique fiscale et sociale, ses inégalités, le tout aggravé par l’intégration d’anciens pays du bloc communiste. C’est un fait, 200 € ne représente pas le même pouvoir d’achat en France et en Slovénie, tous deux dans la zone Euro.Pour qu’un Etat mette en circulation « ses » Euros, il passe par une période de transition, dans le groupe des « futurs nouveaux ».

Malgré la « mise à niveau » qui s’opère par le mécanisme de MCE II (mécanisme de change européen) les disparités demeurent après l’intégration à la zone Euro.

Il faut une réelle volonté politique !

L’Euro doit être la monnaie de pays offrant la même fiscalité des personnes et des entreprises, les mêmes garanties sociales pour que tout le monde travaille à « arme égale » et que cesse les exigences à la baisse.

Les capacités d’accès aux marchés boursiers doivent proposer des moyens simples et réels.

La Banque centrale et les autres acteurs de la monnaie doivent disposer de moyens d’actions et de rétorsion car il appartient aux politiques de fixer les règles, selon un choix de société, et non de subir les exigences des « marchés », mot creux derrière lequel se cachent des « décideurs ».

L’article de Sylvie Goulard dans Le Monde expose clairement l’analyse de la commission ECON du parlement européen à ce sujet.

Pour Jacques Sapir, économiste, « les règles de financement de la BCE transforment en un problème social en apparence insoluble ce qui serait, sous d’autres règles, parfaitement maîtrisable.

La solution est ailleurs : il faut un contrôle des mouvements de capitaux et une réforme de la Banque Centrale Européenne.

La crise de l’Euro est donc à venir, et de ce point de vue, la crise grecque n’est qu’un avertissement. Mais nous savons déjà qu’elle sera grave, et sans doute terminale pour la zone Euro, en raison de l’inadaptation des politiques.
Faute de ne pas avoir voulu en modifier à temps les règles, et passer du principe de la monnaie unique à celui de la monnaie commune, les dogmatiques et fanatiques de l’Euro auront eu sa peau ».

Pourquoi un tel blocage institutionnel et idéologique ?

Parce que l’euro est né d’un autre paradoxe :

Depuis les débuts de la construction européenne, la question de « l’unité de compte » pour faciliter les échanges et permettre les comparaisons, se pose.

Ce qui relève du débat dans les années 1960, deviens une réalité avec « l’écu », puis le SME dans les années 1970 à la suite des cracks pétroliers et la fin des accords de Bretton wood aboutissant au découplage des cours Dollar/Or, induisant un « Dollar flottant ».

La monnaie unique instaurée dans le traité de Maastricht en 1992, au nom du Marché Unique, parce qu’elle s’imposait à des économies hétérogènes brisait le but initial de la construction européenne : l’instauration de la paix et la construction d’un bien être économique et social européen.

L’Euro est là pour le « Marché Unique », à défaut d’institutions intégrées supranationales.

Il a donc été bâti à partir de critères du « plus fort économique » … Avec les fameux critères de Maastricht, si chers à l’Allemagne qui y retrouve les accents du Mark Fort…

Ave de telles exigences, l’Allemagne s’est retrouvée « moteur » de l’Europe par son économie doublé du fait de sa réunification lui assurant un certain poids dans les institutions.

Là dessus, les banques d’Outre-Rhin se sont par leurs activités les plus engagées dans l’activité de prêts aux autres membres de l’Union. En plus, l’Allemagne tire l’essentiel de sa prospérité dans ses exportations à travers l’Europe.

Quoi qu’en dise la Chancelière, son pays aura tout intérêt à ce que la Grèce ne sombre pas. Mais cela devra se faire à l’insu des électeurs, littéralement travaillés au corps par une presse conservatrice particulièrement hostile à toute aide.

Ces mêmes électeurs changeront peut-être d’avis lorsque la crise les touchera un peu plus, comme le sont actuellement les Grecs.

Il faut bien comprendre qu’en maintenant le système en l’état, il va s’effondrer puis disparaître.

Les entreprises multi-nationales vont accentuer leurs délocalisations au sein même de l’Union du fait des inégalités de développement économique et social, accrues par l’intégration de nouveaux membres en 2004 puis en 2006.

Les rares uniformisations réalisées récemment se sont faites par le bas.

Souvenez-vous des grèves des transporteurs routiers qui dénonçaient les conditions de travail des chauffeurs roumains ou polonais, roulant pour un transporteur allemand. Dans un autre domaine, les inquiétudes des associations écologistes face aux dosages des intrants dans les fruits et légumes selon les plus forts dosages pratiqués.

Parce que les capacités d’intervention économique et financière des Etats ont été transférées par les traités successifs (dont celui de Lisbonne), pour l’essentiel, au « Marché » et à des instances dites « indépendantes », c’est à dire aux gardiennes des dogmes ultra-libéraux (la Commission et la Banque Centrale Européenne) … les choses risquent de ne pas s’arranger pour les populations !

Car pour nous tous, hors les difficultés financières, ce sont nos choix de société qui sont en ligne de mire. Cette question doit être bien comprise de la population, de ses représentants nationaux mais aussi des acteurs de la vie économique et des syndicats professionnels.

Forte de ce constat, et à la différence de Jacques Attali, je crois que même si les spéculateurs sont peu nombreux, les sommes « mises en jeu » (comme au casino) face à l’absence de gouvernance européenne, peuvent faire imploser la zone Euro.

Donc, concernant la gouvernance européenne et la solidarité financière, si l’Allemagne refuse d’évoquer le sujet c’est parce qu’elle ne souhaite pas devenir le créancier officiel de l’Union.

Or, que le sujet soit ou non abordé, la dette et le risque de défaillance des Etats existe !

L’Argentine en son temps avait affolé les « Marchés » en refusant de payer.

Conclusion :

la crise actuelle n’est pas LE problème des seuls Grecs.

Cette nouvelle crise est la réponse des « Marchés » financiers aux Etats qui présentent les paradis fiscaux, les ponts d’or de telle ou telle profession comme la cause de la crise économique née de celle des subprimes et des dérèglements des marchés.

Les banques américaines qui sont dans tous les mauvais coups, dit-on, menacent ouvertement le président américain de quitter le pays s’il leur interdit de spéculer tout à leur aise … Pour s’installer à Dubaï ou à Singapour, si tant est que la situation, là-bas le permette toujours !…

C’est l’application du « regulatory arbitrage », sorte de « foire au moins disant social », qui a pignon sur toile …

Les Etats sont affaiblis par les ressources englouties pour soutenir l’économie réelle.

Les déficits publics sont réels.

Les fonds spéculateurs, eux, vont bien mieux, grâce à nous !

Cette crise est d’autant plus possible qu’en créant l’Euro, monnaie unique, l’Europe ne s’est pas donné les moyens d’en faire sa monnaie commune. Le refus référendaire français de valider la Constitution Européenne ( TCE = Traité Constitutionnel Européen) y est peut-être pour quelque chose … A l’époque les gouvernements étaient majoritairement « de gauche ». Ce n’est plus le cas actuellement !

Le traité de Lisbonne est « le petit traité » de remplacement.

Heureusement, nos parlementaires européens veillent !

Guy Verhofstadt, chef de l’ADLE (auquel appartient le MoDem) a obtenu que le parlement européen procède à une audition publique, à la fin de ce mois, « de tous les acteurs impliqués dans l’altération des comptes publics grecs en 2001 et 2002 en vue de permettre l’entrée de la Grèce dans la zone euro », (je cite le communiqué de l’ADLE). Il est également prévu que la commission des affaires économiques et monétaires (commission ECON dont S.Goulard est membre) entende l’exécutif européen, l’Eurogroupe, la Banque centrale européenne, Eurostat (l’office statistique européen), le gouvernement grec, Goldman Sachs et d’autres établissements financiers. « Cette audition n’est pas destinée à chercher un bouc émissaire facile en Goldman Sachs, encore que ses pratiques posent de sérieux problèmes par ailleurs, surtout à l’aune de sa participation à la vague spéculative actuelle contre la dette grecque », explique Verhofstadt.

Je regrette qu’il n’y ai pas de commission d’enquête.

Au mieux, nous aurons pour la rentrée prochaine une nouvelle directive sur les produits dérivés…

Je regrette que ne soit pas pénalement mis en cause le gouvernement tricheur et la banque qui l’a si habilement conseillé ! Parce qu’en attendant, les Grecs et le reste des populations européennes souffrent !

De leur coté, aux Etats-Unis, la Réserve fédérale américaine, la Security Exchange Commission (SEC) et le département de la justice multiplient les enquêtes sur le rôle des établissements financiers américains et des hedge funds, à la fois dans la crise grecque et dans les attaques actuelles contre l’Euro.

Ce n’est décidément pas la même échelle, ni la même volonté politique !

Fultrix.

Autres sources :
Gabriel Colletis professeur d’économie à l’université de Toulouse I.
Retrouvez tous ses articles sur son blog

Michel Aglietta :
http://www.capital.fr/a-la-une/actualites/le-dernier-livre-de-michel-aglietta-decrypte-le-fonctionnement-des-hedge-funds-473425

Le site de Frédéric Lordon : il veut fermer la Bourse… C’est radical !

L’Euro selon J. Sapir :
http://www.observatoiredeleurope.com/Pour-une-grande-reforme-de-l-Euro,-par-Jacques-Sapir_a515.html

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A propos fultrix

European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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