Le conflit : la femme, la mère. E.Badinter


Livre de poche – 6,50€
Un sujet qui me tient à cœur !
Décryptage de choix idéologiques qui ne sont pas neutres.

Avant propos : La révolution silencieuse.

En trente ans (1980-2010), une idée cherche à s’imposer, l’air de rien : réduire la femme à la seule figure de la mère.

De par l’accès à la contraception, les femmes maîtrisent leur maternité (où, quand, si je veux) ce qui leur permet des arbitrages entre la « réalisation de soi » et le « sacrifice au profit d’un autre être ».

Tout commence avec la crise des années 80 (suite aux chocs pétroliers de 73 et 79) :

  • qui débute avec une crise économique occasionnant un lourd chômage féminin. Du coup, on entend le discours suivant « être mère est un travail bien plus valorisant avec une vraie responsabilité, exclusive, de la mère pour l’épanouissement de l’enfant.
  • Qui entraîne une crise égalitaire (salaire H/F, temps de travail choisi/imposé)
  • avec une inégalité s’expliquant par une crise identitaire inédite : notre société fonctionnait à l’origine sur la partition des rôles H/F, puis la féminisation des secteurs économiques, sociaux … et privés avec l’impression d’une « toute puissance féminine » qui porte la vie quand elle seule en décide. C’est une sorte de revanche qui remonte avec un discours naturaliste, rousseauiste réactualisé et habillé de modernisme. Face à cette pression, toutes les femmes du monde « moderne » réagissent différemment, les Françaises se distinguant …

1ère Partie : Etat des lieux

Chapitre 1 : Ambivalence de la maternité.

A. Les affres de la liberté.

  1. Le choix d’être mère : Pensée conformiste colportée «  Nous faisons des enfants par conditionnement cérébral … » sauf qu’avec la pilule, le cerveau ne fonctionne plus mais le discours reste ! Choisir d’être mère, c’est en « prendre pour 25 ans »  de renoncement au profit de l’enfant. Pour contrebalancer cette contrainte, un sondage de magasine explique qu’on « fait des enfants pour le plaisir qu’on suppose en retirer … et puis, il y a le conformisme : « il faut en avoir » … Sauf que l’arrivée de l’enfant bouleverse l’organisation de la famille. Il réoriente les priorités alors que « l’hédonisme » se heurte au « devoir et au renoncement de soi ». Enfin, avoir un enfant ne donne pas toujours satisfaction, bien que ce discours ne soit pas « socialement correct » et inaudible pour certains hommes ! Mais si pour certaines, c’était à refaire, cela serait NON !
  2. La maternité aggrave l’inégalité dans le couple : Durkheim l’a démontré, un enfant est un frein professionnel pour une femme et une promotion pour un homme, sans oublier la surcharge de travail domestique pour madame.

B. Effet de l’ambivalence :

Avec la contraception, on observe :

  • la baisse de la fertilité (x bébés/femme)
  • hausse de l’âge des primipares
  • hausse du nombre de femmes « actives »
  • multiplication des modèles des familles (célibataires/couples/familles)
  1. moins d’enfant ou pas d’enfant : Quelque soit la politique familiale (financièrement intéressante, options diverses …) il y a une baisse de la natalité et celles qui se décident à procréer le font sous une certaine contrainte de la « perte d’une chance » pour cause d’horloge biologique ou espoir de mettre un peu de piment dans la vie …
  2. Hétérogénéité des choix féminins :- 10 à 30% des femmes sont « mère au foyer » par choix(le travail et le diplôme étaient des moyens pour faire un « beau mariage » selon une classe sociale. Ces femmes sont sensibles aux discours favorables à la politique sociale.- 40 à 80% des femmes sont partagées entre le travail (sans faire carrière) et les enfants pour qui le diplôme donne du travail, sensible à toute politique quelle qu’elle soit.- 10 à 30% des femmes sont des carriéristes, professionnellement, politiquement ou sportivement engagées avec un gros bagage universitaire et sensibles aux politiques de l’emploi.

Partie 2. L’offensive naturaliste.

La contrainte économique fait sortir (guerre avec hommes au front et femmes dans les usines) ou rentrer (chômage et crise économique rendent « prioritaires » les hommes sur le marché du travail) les femmes du/au foyer.

L’argumentaire du retour au foyer des femmes, on ressort le vieux discours rousseauiste du naturalisme. Et ça marche ! Pourquoi ?! Parce que les femmes actives en 73/79 ont eu des mères actives et féministes avec pilule, avortement, études … peu disponibles pour leurs enfants qui leur reprochent en retour ! Mais dans le même temps, d’autres femmes réclament la culture, du travail et une politique féministe (avortement et contraception).

Chapitre 2. La sainte alliance des « réactionnaires ».

3 idéologies s’allient pour faire retourner dans leur foyer les femmes. Il s’agit de l’Ecologie, du Comportementalisme (éthologie) et du Féminisme essentialiste. Toujours dans le but de procurer du bien être à l’humanité ! Avec pour mot d’ordre « Halte au progrès et à la libération de l’être, illusoire et dangereux ! ».

A. De la politique à la maternité écologiste :

  1. Rupture politique et morale : L’écologie veut que l’Homme s’adapte à son environnement avec parfois un contrat naturel entre l’Homme et la Nature. L’image de Mère Nature, seule autorité, simple, sage s’oppose à l’industrialisation opprimante, développant l’égoïsme et l’amoralité … Bref, « Halte au bien être » ! en oubliant l’augmentation de l’espérance de vie gagnée grâce au « progrès », la médecine moderne, l’alimentation diversifiée … Sans oublier la remise en cause de la contraception féminine avec des arguments scientifiquement parfois tirés par les cheveux.
  2. La bonne mère écologique : Il s’agit pour elle de renoncer à toutes les améliorations tirées du confort moderne et de la médecine moderne jugées « artificielles » et source de la « dépossession de soi » … Dénigrement de l’accouchement hospitalier et de la péridurale justifiés par des arguments « scientistes » ( raisonnement se voulant scientifique mais relevant de la pensée magique)

B. Quand les sciences redécouvrent l’instinct maternel.

Le mouvement est né aux USA, basé sur le comportement animal. La femme est un animal au corps fait pour enfanter, allaiter avec instinct. Suivre son instinct fait la bonne mère ! Un vrai mensonge !

  1. la théorie du lien (bond) : Selon cette théorie, le lien se tisse à l’accouchement et tout se joue avant 3 ans … ou 6, selon les auteurs ! Il faut donc, pour ne pas obérer l’avenir et le psychisme de l’enfant aliéner la mère à son bébé … l’OMS en rajoute une « couche » en labellisant des hôpitaux « amis des bébés ».
  2. La primatologie et l’anthropologie au secours de l’instinct : Les tenants de cette idéologie récupèrent des travaux scientifiques sur l’instinct animal pour glisser vers l’instinct maternel, préconiser l’allaitement à la demande et tout le reste. L’instinct, paré de toutes les vertus, active la lactation, oubliant les « bonnes mères » pratiquant le biberon ! Or, de fait il y a autant de bonne mère que de femme ayant désiré leur enfant !

C. Le « tête-à-queue » du féminisme :

Après les années 70, la pilule, l’avortement, être féministe, devient le contraire de la libération de la femme.

  1. La philosophie du « Care » ou la morale des femmes : Issu des observations de Darwin sur les femmes de son temps ! Altruisme, dévouement … le Care relève de la sollicitude et le soucis de l’autre. Puis, la biologie devient une justification de la vertu et on insiste sur l’équilibre psycho-affectif de l’enfant qui sera un adulte équilibré ou non !

Chapitre 3. Mères, vous leur devez tout !

A. Maternité et ascétisme :

Une « non-mère » peut tout faire en terme de comportement à risque tel que boire, fumer, sortir à pas d’heure ! Par contre, une mère entre en maternité comme en religion … Certaines assimilent cela à une condamnation à mort sociale.

B. La bataille du lait :

Pour arriver à ce résultat, « il suffit » d’exiger l’allaitement à la demande et de le parer de toutes les vertus … thème développé par la leche League, association « militante-intégriste » américaine a été fondée en 1956 par des catholiques traditionalistes militantes proposant des groupes de paroles.

  1. Le combat idéologique : Il faut l’abnégation de la mère à l’exclusif service des enfants. Grâce à la nature et dans le but d’aboutir à une refonte morale de la société civile. Il s’agit de lutter contre la science médicale et l’artifice sans oublier le consumérisme (vieille antienne déjà développée par Plutarque à l’adresse des Romaines!). De plus, le lait a toutes les vertus pour l’enfant et sa mère… Au point de devoir allaiter le plus tard possible (jusqu’à 3 ou 7 ans selon les livres!) Pour les vertus, la science est convoquée pour dire tout et son contraire. Il est sous entendu qu’une mère ne doit pas travailler à l’extérieur pour de l’argent.
  2. Une stratégie politique de grande envergure : La Leche League a des accointances passagères ou durable avec les hippies (pour le non conformisme) puis les médecins « pro-bonding » (pour l’éveil de l’enfant), l’OMS et l’UNICEF (à cause de l’eau non potable et le lait en poudre en Afrique) …

C. Le bilan :

  1. Des résultats spectaculaires : les USA passent de 24% à 70% de mères allaitantes en moins de 30 ans ! En Europe, les nordiques suivent mais les Françaises résistent ! Le problème est que si l’allaitement est un choix, le biberon devient une option très mal vue. C’est là le problème car c’est une pression très forte. C’est encore plus vrai avec le logo « hôpital ami des bébés » … Ce militantisme acharné fini par dire n’importe quoi pour obtenir à tout prix le consentement des mères et des collectivités !

Chapitre 4. L’imperium du bébé.

Après la toute puissance directe du paterfamilias, celle de l’enfant, au profit indirect du père ! Avec un argument choc et imparable : l’amour ! Dire non, c’est refuser l’amour à son rejeton !

A. La mère avant le père :

La glorification de la mère, c’est le moyen de lui faire accepter les corvées avec gratitude ! Le père hérite peu des corvées et des joies du jeu avec son bébé. Le couple disparaît surtout si la mère dort avec son enfant dans le lit pour les allaitements de nuit (co-dodo ou co-sleeping), à la demande, au risque de reléguer le père sur le canapé du salon ! Cela risque d’entraîner des taux énormes de divorces ! Autrefois, ce risque n’existait pas parce que les mariages n’étaient pas basés sur l’amour mais étaient le résultats de tractations ou d’arrangements … Revenir à ce modèle est anachronique !

B. L’enfant avant la mère :

La femme renonce à sa vie à elle. L’enfant « choisi » doit recevoir le meilleur, en oubliant que le mieux est l’ennemi du bien ! De sorte qu’en cumulant l’allaitement à la demande, l’abnégation parce que tout se joue avant 3 ans, etc, la femme disparaît sous les contraintes imposées à la mère.

Quand est-ce arrivé ? Dans les années 90, quand les filles de « soixante-huitardes » deviennent mères à leur tour. Elles ont vue leur mère travailler, mal payées, cumuler travail et tâches domestiques. Elles subissent à leur tour de la crise économique dont elles sont les premières victimes au moment même où on leur proposent le « rôle idéal de mère » … C’est également un constat d’échec de la politique du partage des taches et des politiques familiales.

Partie 3. A trop charger la barque …

On exige aujourd’hui des mères de 2 enfants qu’elles leur consacrent autant de temps que celles qui en avaient 6 autrefois ! Cela revient à une distorsion puisque les modes de vie sont incomparables voire incompatibles !

Contradiction n°1 : Sociale : L’entreprise reproche aux femmes d’être « toujours » enceintes tandis que la famille reproche à la mère de travailler alors qu’elle a de jeunes enfants qui ont besoin d’elle !

Sachant que les hommes discutent facilement avec une femme « active » et n’ont rien à dire à une femme au foyer ! Pas de convergence de sujet de conversation.

Contradiction n°2 : dans le couple : L’arrivée de bébé risque de déclencher un divorce par le trop grand bouleversement familial qu’elle entraîne (fatigue, nuit blanche surcharge de travail).

Contradiction n° 3 : pour la femme elle-même : les femmes diplômées font la différence entre leur identité et leur rôle de mère. Pourtant elles culpabilisent quand elles veulent se consacrer un peu de temps pour elle-même ! Du coup, pour résister à la pression, certaines renoncent purement et simplement à la maternité.

Chapitre 5. La diversité des aspirations féminines.

Passer du statut de femme financièrement indépendante à femme au foyer est brutal.

A. La femme-mère :

  1. la vocation maternelle : certaines n’envisagent pas de vivre sans avoir une ribambelle d’enfants pour lesquels elles se dévouent afin d’en faire un adulte épanoui. Lorsqu’elles sont confrontées à la réalité, c’est le bonheur ou le drame ! Et dire que c’est le drame, c’est très mal vu !
  2. La nullipare : elle l’est par choix pour pour cause de stérilité mais l’image de la femme est toujours abîmée (inaboutie ou « handicapée ») sans s’interroger sur son coté « bonne mère » si elle avait eu l’occasion de l’être …

B. Du refus au perpétuel report :

Avant, une femme sans enfant s’expliquait par la stérilité, l’absence de mariage, l’entrée dans les ordres, le service de maison, la pauvreté. Bref, c’était subi alors que maintenant c’est choisi.

  1. Le refus d’enfant : 30% de Françaises refusent la maternité par manque de goût pour les enfants. Avoir des enfants c’est en prendre pour 20 ans, il faut s’en sentir capable. Les anglo-saxonnes veulent s’occuper d’elles, vivre sans soucis et ne pas risquer leur couple.
  2. Celles qui remettent à plus tard : parce qu’il y a des études longues, puis une carrière à lancer puis avoir des enfants. Mais si cela prend trop de temps, c’est trop tard pour enfanter. L’excuse de « j’ai oublié d’avoir des enfants » est plus mal vue que d’être mère célibataire.

C. Femme et mère :

Les occidentales veulent tout : travail, indépendance financière, enfants. Mais il faut négocier l’ordonnancement !

  1. La négociatrice : cela commence à l’arrivée du premier enfant. Mais c’est dur de négocier en période de crise économique et sous la pression sociale avec la notion de « bonne mère ». Chez les anglo-saxons, l’idéal de « bonne mère » est fort, incontesté même par celles qui refusent d’avoir des enfants. Par contre, celles qui renoncent à tout pour s’occuper des enfants ne respectent pas tous les critères. Pourtant, en cas de coup dur, elles doivent tout lâcher parce que la société et les grand’mères font pression et leur renvoie une certaine culpabilité. Donc, pour ne pas prendre de risque, elles renoncent à la maternité.

Chapitre 6. La grève des ventres :

Forte tendance (20% et plus) chez les Anglo-saxons, au Japon, en Europe du sud depuis 20 ans. EN France, cela reste à 10%. Celles qui résistent le plus sont les femmes éduquées (diplômes universitaires) ayant un « bon » travail et sont financièrement indépendantes.

A. Là où les devoirs maternels sont les plus lourds :

  1. Le poids des normes culturelles : Les pays les plus touchés sont ceux là où est sur-valorisée la « mère parfaite ». C’est une société civile faite par et pour les hommes, où les mères ne soutiennent pas leurs filles à échapper à ce statut écrasant, quant elles ne les accablent de reproches !
  2. Là où la société privilégie la mère au détriment de la femme : Le débat dépasse le domaine de l’idéologie et celui de la sociologie quand il y a des répercutions sur l’avenir même de la société civile, de l’état, du pays. Cela s’illustre avec le financement des retraites. Au Nord, les pays pratiquent l’état-providence, les Anglo-saxons, par l’individualisme libéral, la famille et l’entreprise. Idem pour l’Europe centrale et celle du sud : tout pour la famille et rien pour la femme. Pour que le taux soit fort, les femmes doivent pouvoir travailler et avoir des enfants avec les modes de garde adaptées pour toutes et un partage des taches domestiques. Les faits démontrent que dans les pays où il y a plus de femmes qui travaillent que de femmes au foyer, il y a beaucoup d’enfants. Les faits sont têtus mais certains gouvernements restent sourds alors que les chiffres doivent les alerter. Et ce déficit s’aggrave quand les filles poursuivent leurs études. En Allemagne, il existe un paradoxe : la société civile accepte divers types de familles mais la politique nataliste se focalise sur la femme au foyer. Une enquête montre que le renoncement à l’enfant est justifié par le renoncement à soi qu’il implique et le coût que sa venue entraine. Cet « égoïsme » est d’autant plus fort que la pression sur la « bonne mère » est très fort.

B. L’émergence d’un nouveau style de vie :

Le couple est stable en lui-même, avec sa routine et refuse de se faire déstabiliser par la venue d’un « troisième larron ».Mais le dire est très mal vu, surtout si une femme le dit.

  1. L’intériorisation (excessive?) de la mère idéale : Les femmes qui refusent d’être mère ne s’imaginent pas être mère et avoir une activité pour elle-même. Comme elles ne veulent pas renoncer à leur activité et refusent d’être une mauvaise mère, elles renoncent à la maternité. Et elles n’envisagent même pas de tenter , d’inventer un autre modèle possible. Pas de demi-mesure ! Par contre, d’autres femmes, encouragées à poursuivre leurs études n’envisagent pas la maternité par ce qu’il s’agit d’une entrave. Mais tous ces refus ne sont pas dû à une quelconque pathologie, quoi qu’en disent certains « bien pensants ».
  2. Les satisfactions conjugales et professionnelles : En France, l’enfant n’est pas vu comme un problème pour le couple et en plus il est vu comme une bonne chose pour les membres du couple. Dans les pays anglo-saxons, les études de satisfaction puisé dans la parentalité relève une chute de satisfaction chez les couples ayant atteint la quarantaine. Comme par hasard, ces couples ont des enfants en bas âge réclamant le plus d’attention. Or le couple est fondé sur l’amour et la complicité et il n’y trouve pas son compte. L’enfant devient donc un problème et menace la complicité homme/femme.Profil des couples sans enfant : individualiste tardivement mis en couple, peu religieux, rationaliste, tolérant, cosmopolite, égalitaire, urbain. Le taux de divorce de ces couples se situe entre celui des parents d’enfants de moins de 16 ans très fort) et celui de parents d’enfants de plus de 16 ans (plus léger).Les femmes sans enfants travaillent plus dans des postes hauts de gamme parce qu’elles ont un bagage. Elles sont donc valorisées et n’ont pas besoin de la maternité pour recevoir de la « valeur ajoutée ». Il se dégagerait donc une tendance à surveiller : aux pauvres, peu diplômées et déclassées la maternité, tout comme les femmes très religieuses, traditionalistes, conservatrices … Observation personnelle : c’est déjà un peu le cas avec les mères porteuses ukrainiennes ou indiennes, d’une part, et avec les donneuses d’ovocytes américaines qui s’immiscent dans les familles receveuses.
  3. Un style de vie critiqué et envié : La femme stérile est en mode « échec », « anormale » et celles qui refusent la maternité ne font pas leur « devoir ». Dans le même temps, nombres de parents aimeraient de temps en temps se retrouver tous les deux, en tête à tête. Mais un tel aveu n’est pas politiquement correct !

C. A la recherche d’une nouvelle définition de la féminité :

Si chez les anglo-saxons, les femmes volontairement renoncent à la maternité, les françaises et les Scandinaves ne participent pas à cette tendance lourde. Les femmes sans enfants se voient plus désirables, plus féminines que les mères de famille. Les mères auraient donc perdu leur identité de femme. De la sorte, la féminité évolue : en 1970 il y avait l’androgyne, en 1990, le « genre » et le « queer », aujourd’hui la féminité se définie sans passer nécessairement pas la maternité.

Chapitre 7 : le cas de Françaises.

Elles traînent une réputation de mauvaises mères depuis des temps « immémoriaux ». Elles se départissent de leurs nourrissons depuis « toujours », avec les nourrices ou la crèche, ou l’école… Ce sont de mères « aberrantes » au sens clinique du terme. Sans oublier de dire qu’elles plébiscitent le biberon ! Et pourtant, elles « font » des bébés !

A. mères « médiocres » mais mères !

Comment, avec si peu d’allaitantes, retournant très vite au travail avec un temps complet y a-t-il un taux de natalité si fort ?

Tout s’explique par l’école maternelle gratuite et l’absence de stigmatisation des enfants nés hors mariage et un usage important de la contraception, couplé à une maternité tardive fréquente. Les populations migrantes ne « perturbent » pas les statistiques. L’explication réside dans les offres d’aides sociales diversifiées permettant de choisir entre le retour au foyer ou la poursuite de la carrière. Seul bémol : la faiblesse de l’engagement du père malgré la création du congé paternité.

B. Une tradition ancestrale : la femme avant la mère.

Depuis le 17ème siècle pour être « bien vu » il faut être une « femme du monde » et « tenir son rang ». La maternité n’est qu’un moyen pour répondre à des préoccupations patrimoniales. Depuis le 13ème siècle, les nobles dames mettent les enfants en nourrice. Les bourgeoises attendent le 17ème siècle et l’ensemble des femmes le 18ème. Les maris y trouvent leur compte car ils retrouvent plus vite leurs épouses dont la gestation les empêchent de remplir leur devoir conjugal… L’allaitement est incompatible avec la bagatelle : la « semence » fait tourner le lait ! C’est donc un bien car il empêche aussi l’adultère … les familles doivent être protégées ! Juste un « léger » détail : la forte mortalité infantile du fait du manque d’hygiène des nourrices et le manque de statut de l’enfant (pas encore Roi).

  1. La Française aujourd’hui : Avec Rousseau, tout s’inverse. A son influence il faut ajouter la pensée bourgeoise, l’idéologie nataliste de la fin du 19ème siècle puis la psychanalyse. L’enfant prend du « galon » même si les mères pratiquent encore les nourrices et le biberon. Pour la société civile française, l’enfant est l’affaire de tous et l’Etat doit prendre sa part.
  2. Jusqu’à quand ? Parce que depuis 30 ans, on assiste au retour du naturalisme, de l’instinct maternel et la culpabilisation des mères. Or c’est la culpabilisation qui fait reculer la natalité parce que désormais compte l’individualisme hédoniste !

L’auteur encourage donc les Françaises à résister à la pression pour qu’elles restent libres dans leurs choix et maîtres de leurs choix. De la sorte la natalité s’en portera que mieux !

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2 commentaires pour Le conflit : la femme, la mère. E.Badinter

  1. Cantaremos dit :

    Bonne analyse. Je souscris entièrement à ces arguments. Si toutes les femmes pouvaient oter leurs oeillères, se donnaient la peine de s’informer, elles cesseraient de culpabiliser bêtement et prendraient leur vie en main. On peut rêver…

  2. Ping : Du mariage pour tous | Calami, ite !

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