De la juste mesure des chiffres et des dettes contre l’actuelle nouvelle chrématistique


Depuis que l’actualité se focalise sur la crise de l’Euro, l’Europe, la dette grecque et ce fichu triple A, une sorte de phénomène de rejet m’empêche de rédiger une note, si petite soit-elle, sur le sujet.

Ce n’est pas que un problème de compréhension ( je préfère l’économie littéraire à l’économie mathématique), c’est aussi une rage contenue devant les politiques qui s’agitent devant les menaces des « marchés » et autres investisseurs.

En lisant la représentation illustrée de la dette française ramenée à billet de 100€ j’ai eu l’impression, avec le « décollage » observé en 2007 (un peu avant la crise de 2008 obligeant le « prêt » aux banques pour retrouver des liquidités) d’une intervention gouvernementale aussi décalée (bouclier fiscal, défiscalisation des successions et autres renoncements à encaisser des recettes budgétaires) que la politique menée par le gouvernement socialiste en mai 81. Décalée mais à l’envers, question d’idéologie.

Malgré ce flot de mauvaises nouvelles et mauvais choix, le Parlement Européen, avec sa commission ECON, tente de résister en élaborant des textes particulièrement techniques, pratiques et dignes d’intérêts .

Nous allons dans le mur : les Etats et les administrations exerçant la puissance publique se retirent, au propre comme au figuré, des territoires. Les grandes entreprises privées n’ont de « nationale » que l’origine de leur création, se moquant et oubliant leurs racines, ne souhaitant pas devoir quelque chose aux hommes qui les ont bâties.

La monnaie, la dette ne sont que des moyens dont on veut nous faire oublier l’usage : constituer la contrepartie d’une richesse, physique, le plus souvent. Nous avons progressé parce que  nous sommes allés au delà du troc. Et même durant cette pratique des échanges, des produits plus que d’autres étaient chargés d’une valeur dépassant leur représentation physique d’objet.
Mais une fois accumulée, à quoi sert cette monnaie ?!
A mon sens, elle se dénature par l’accumulation maladive et compulsive de certains.
De mes souvenirs scolaires, je conserve l’histoire selon laquelle Rome, à la suite d’une grave crise économique, avait interdit toutes les inventions fiduciaires et monétaires qui avaient été élaborées depuis la plus haute antiquité et le code Hammourabi, dans le croissant fertile.

Cette accumulation, reliée à l’organisation individualiste « libérale » de la société, le goût pour la privatisation de l’Etat, le jeunisme, le sentiment de déclin du monde occidental, me rappelle un courant critique de cette forme d’économie : la chrématistique.

Ce qui devait être un article de finances se transforme en écrit philosophico … abscons … Désolée ! Je retourne dans ma bibliothèque à la recherche des textes d’Aristote, notamment son « Ethique à Nicomaque » qui m’avait particulièrement déplu pour son aspect réactionnaire et terriblement conservateur pour ne pas dire « traditionaliste » à la plus grande satisfaction des Pères de l’Eglise.

Fultrix.

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European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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4 commentaires pour De la juste mesure des chiffres et des dettes contre l’actuelle nouvelle chrématistique

  1. ecointerview dit :

    C’est vrai que nous avons le secret pour élire des majorités (1981 et 2007) à contre-courant de l’ambiance générale. Je vois que vous souhaitez séparer la bonne monnaie du mauvais argent. Rude entreprise.

  2. FrédéricLN dit :

    « une fois accumulée, à quoi sert cette monnaie ?!
    A mon sens, elle se dénature par l’accumulation maladive et compulsive de certains. »

    Très juste approche amha. La monnaie n’est qu’un outil pour des flux, elle se dénature quelque peu en étant stockée. Au fond, 0 euro et 55,5 milliards d’euros peuvent être exactement identiques, si ces 55,5 milliards ne sont que des statistiques, ne sont payés par personne à personne, nous rappelle l’actualité : http://www.lessentiel.lu/fr/news/story/26794605

    • fultrix dit :

      Merci, votre lien tombe à point nommé.
      Je n’aime pas les donneurs de leçon qui ne savent pas balayer devant leur porte !
      L’Allemagne a encore perdu une occasion de se « taire » …

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