« les mensonges (innocents) de l’économie » de J.K.Galbraith


Voici le raisonnement de J.K.Galbraigth dans son livre «  les mensonges de l’économie »

J’ai souvent l’occasion de citer cet ouvrage dans mes articles. En voici une fiche de lecture.
Mes commentaires sont rédigés en italiques.

En introduction :

Il y a un décalage entre les schémas d’analyses économiques devenus obsolètes et la  réalité. La « mise à jour » est freinée car cela arrange des élites en place.

Ainsi, nous sommes passés sous le système économique de la « société anonyme » et ce sont les « Directeurs Généraux » qui tiennent le pouvoir.

Pour la France, ce transfère s’affiche dans les années 80, les « années fric » selon l’expression communément admise

.

1er chapitre : Qu’est-ce qu’un mensonge innocent ?

Je pense à la pensée unique, largement délivré dans les grandes écoles (de commerce et autres grandes)

L’auteur, lui, parle de propos fallacieux, voire « rituels », repris et largement diffusé par ceux qui en tirent bénéfices.

2ème chapitre : et le système fut rebaptisé. (2ème mensonge)

Le principe, universel, veut que le chef, le pouvoir soit au sommet de la pyramide.

C’était la place des propriétaires du capital, d’où le terme « capitalisme »

Désormais, les cadres dirigeants tiennent la place (comme les maires du palais sous les Mérovingiens) et l’on entend depuis, le terme «économie de marché » ; c’est propre sur soi, mais vide de sens ! C’est çà l’escroquerie.

3ème chapitre : L’économie, discipline complaisante.

Face au consommateur souverain du marché, un seul ennemi : le monopole, doublement néfaste : pour le consommateur et pour ses salariés car unique employeur du secteur. Les lois anti-trust ont éloigné le danger. Pour un temps !

Le principe veut que le citoyen soit souverain par l’urne et le consommateur souverain par la courbe de la demande. Or dans les faits, les deux souverainetés sont contrariées par la « bonne gestion » de la réaction du public …par des campagnes de presse bien orchestrées pour orienter l’opinion publique (les sondages politiques commandés, flicage et restrictions diverses sur le minitel puis sur Internet bien servis par les affaires de pédophilie …)

Pour mesurer le progrès social, il existe un instrument magique le PIB, Produit Intérieur Brut, somme hétéroclite de tout ce qui se produit dans le pays ; le meilleur (alimentation, médicaments) comme le pire (Armement, pesticides …), les biens comme les services. Ce qui n’a pas vocation à avoir une valeur marchande en est exclu.

4ème chapitre : Le travail, un monde en trompe l’œil.

De fait, le travail est une nécessité, parfois pénible permettant de satisfaire les besoins de base (manger, se loger, s’habiller) et quelques petits plaisirs. Il procure aussi, de la reconnaissance sociale. Ayant glorifié le «  bon travailleur » « on » s’attaque au « paresseux » voire pire, le profiteur qui « a réussi » à ne vivre que des subsides publics, au dépend des autres, bien sûr !

Le dégagement de temps libre est un signe de pouvoir dans le monde du travail. Ce qui est bon pour les riches ne l’est pas pour les pauvres ! Ben tient !

5ème chapitre : L’entreprise : une bureaucratie.

Oui, mais ne le dites pas ; c’est grossier ! Cela rappel trop l’Etat et sa réputation malsaine d’incompétence et d’inefficacité, voire la paresse de ses fonctionnaires … Il convient alors d’employer le terme de MANAGEMENT.

Dans une grande entreprise multinationale, il faut beaucoup de ressources pour coordonner tout cet ensemble complexe. C’est la preuve qu’une bureaucratie existe.

Il faut néanmoins conserver les apparences. Parfois les gens se rebiffent et cela donne des AG assez mouvementées surtout quand des associations d’actionnaires minoritaires tiennent la main ! Gardons donc cette belle chose !

6ème chapitre : Le pouvoir dans l’entreprise.

Il y a donc cette « société multinationale », Exit donc les propriétaires du capital : d’autres prennent les décisions. Du coup, les directeurs généraux s’octroient des rémunérations à la hauteur de leur prétention, sans corrélation parfois avec la cotation boursière ou la progression de la part de marché de l’entreprise (souvenons-nous de J.M. Messier et l’aventure Vivendi-Universal, entr’autre).

7ème chapitre : Le mythe des deux secteurs.

Il y a le monde de l’économie, domaine privé, face au monde politique et ses interventions publiques chez le premier, pas toujours bien vues ni bien tolérées (santé publique, sécurité sociale, retraite, logement social).

Or, personnes ne veut parler des marchés publics, tels que l’armement et les matériels militaires. Certes, il s’agit de la défense, mais les montants en jeux sont vitaux pour les « fournisseurs ». Ces mêmes fournisseurs proposent leurs nouveautés et le ministère de la défense « fait son marché » en fonction de la force du lobby concerné. Bref, l’industrie propose, le ministère opte et l’industrie dispose des commandes, des bénéfices… en échange, par la suite, de postes et fonctions grassement rémunérées pour le « recyclage »  des fonctionnaires de la défense ou des parlementaires. Cela va jusqu’à la substitution des troupes militaires sur le théâtre d’opération, telle la guerre en Irak (commandos, formation des troupes locales, protection rapprochée).

La dénonciation de la mainmise du secteur privé sur le ministère de la défense existe depuis le président Eisenhower, mais le « mal » s’étend aujourd’hui à la diplomatie, à l’environnement, au trésor « public » …Et regarder comment à travers la gestion de l’eau de grandes entreprises ont pu devenir tentaculaires (Véolia, lyonnaises des eaux, Bouygues).

En France, suivre la carrière de certains directeurs de cabinet et autres attachés, révèle leurs allées et venues dans les deux mondes. La lecture de curriculum vitae et la composition de conseils d’administration valent leurs pesants d’or.

8ème chapitre : Le monde de la finance.

Il s’agit des banques, des agences d’analyses et de conseils sur la prospective économique.

S’il est une chose VRAI, c’est qu’il est impossible de prédire l’avenir … même dans le domaine de l’économie. Pourtant des entreprises, des gourous et autres spécialistes se font payer des ponts d’or pour prédire l’avenir …

Par contre quand cela va mal, il y a toujours un coupable identifié : le marché, le vol et l’absence de contrôle des pouvoirs publics … Le remède est rude mais éprouvé : le dégraissage massif… Souvenez vous d’AIRBUS, EADS

9ème Chapitre : l’élégante esquive de la réalité.

La Fed, la banque centrale américaine est dans le collimateur de l’auteur : elle ne sert à rien !

C’est un peu comme un temple où les grands prêtres consultent les auspices (rapports, courbes, statistiques etc.). Le seul domaine ou le jeu des taux directeurs influe, c’est l’immobilier. Les chiffres sont là, têtus.

10ème chapitre : Chefs d’entreprise, la fin de l’innocence.

Les directeurs des entreprises multinationales se sont emparés du pouvoir et de l’argent avec des rémunérations scandaleuses, par la démission ou l’absence de contrôle des propriétaires et des cabinets d’audit… Il faut que cesse le pillage, le détournement de fonds et la complaisance qui nuisent à l’intérêt général … La dépénalisation des infractions économiques n’est pas pour aller dans le bon sens !

Il faut réglementer fermement ! Allez dire cela à Reagan et à Bush ou à Mme Thatcher !

11ème chapitre : La politique étrangère et militaire.

Quand l’intérêt privé investit le domaine public, il travaille à ses seuls intérêts… privés.

Ainsi, durant la Seconde guerre mondiale, les bombardements sur les usines d’armements allemandes, contrairement aux idées reçues, n’ont pas empêché le doublement de la production allemande ! Mais vanter les bombardements permet la vente massive de bombes !

12ème chapitre : Le mot de la fin.

Nous sommes passé du capitalisme à l’ère des Directeurs Généraux, comme une « fleur »…

Les chiffres de l’économie et de l’intérêt public s’alignent sur ceux des activités des entreprises : « ce qui est bon pour notre entreprise est bon pour le pays » ! … Or cela nuit gravement sur l’environnement, la politique internationale via la défense etc.

Les excès sont possibles du fait du manque de contrôle et avec quelques scandales bien sentis, la population pourrait se révolter contre le système surtout s’il est mal vécut dans le monde du travail.

Ensuite, les charlatans de la prospective aux revenus indus, les réductions d’impôts en faveur des nantis (entreprises, actionnaires…) ne sont pas profitables à l’intérêt général.

Une seule chose est bonne : le soutien par tout moyen de la consommation car c’est elle qui alimente la « machine ».

Mais la plus grosse crainte de l’auteur est la recrudescence des conflits à cause de ces fichus entreprises qui veulent des choses à tout prix… même sur notre dos et sur notre vie.

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A propos fultrix

European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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2 commentaires pour « les mensonges (innocents) de l’économie » de J.K.Galbraith

  1. j’avoue que je suis attiré comme la mouche sur le miel par vos comments en italique, par cette façon en quelque sorte de corriger le titre du livre « les mensonges de l’economie  » comme si l’economie pouvait mentir !!! je préfère imaginer la silhouette de mon adversaire , cibler cette caste de gros profiteurs qui sont si puissants qu’ils ne font même pas l’économie du mensonge
    christian

    • fultrix dit :

      Le mot « innocent » appartient au titre original en anglais.
      L’innocence provient de la capacité à annoner les théories sans envisager de les passer à la critique …
      Par contre, les théoriciens ne sont pas innocents : ils sont dogmatiques.

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