Quand le géologue tient le géographe en l’état …


En introduction à la matière géographique, les élèves apprennent que « le géographe étudie l’implantation des populations humaines en fonctions des contraintes topographiques ».

Nous comprenons en effet aisément que de hautes montagnes peuvent constituer des limites au-delà desquelles les Hommes rechignent à s’installer, d’autant plus que la plaine ou la vallée qui les précèdent sont accueillantes. Il en est de même pour les grands fleuves ou les confluents assurant une protection, car ils représentent des obstacles difficilement franchissables, contre toute tentative d’invasion, forcément barbare …

Montesquieu lui-même, dans son ouvrage « De l’esprit des lois », insistait sur les spécificités du climat ou du relief afin d’assoir sa démonstration sur les spécificités régionales des mœurs et des lois (même s’il s’agissait aussi pour lui d’échapper à la censure royale)… tout en parvenant à dégager des notions communes et générales, annonciatrices des grands principes généraux encore présents à notre époque.

Pourtant, avant le géographe, il me semble important de ne pas oublier le géologue.

Une visite d’étude a remis en perspective leurs rôles respectifs et m’a permis d’envisager la formation géologique directement sur les implantations et l’histoire des populations locales.

J’ai donc accompagné des élèves dans leur découverte de grottes.

L’intervenant a rappelé que les grottes ne peuvent exister qu’avec la relation entre le calcaire et l’eau dans la durée.

Tout commence avec la formation karstique et la diaclase.

L’eau, porteuse d’éléments acides (issus de débris végétaux ou animaux en décomposition, dégageant du CO2) attaque le calcaire.

Quant au calcaire, il s’agit d’une roche sédimentaire. Elle résulte de l’usure de roches, suit la pente du terrain, un ancien massif montagneux, et achève sa course dans des bassins aquatiques. Les ères géologiques passant, les strates alluviales subissent des pressions engendrant à leurs tours des roches métamorphiques.

Au pied de ce qui fut de vieilles montagnes, il se trouve que ma région est aussi historiquement une zone de « Marches », frontière entre trois duchés.

De nos jours elle n’est vue que comme une zone de transit (routier, urbain, économique).

D’ailleurs, pour l’anecdote, dans les années quatre-vingt-dix, une carte postale humoristique représentait le département sous un gros nuage de pluie, enjambé par un pont auto-routier, en dessous duquel un paysan demandait à sa vache pourquoi les gens ne s’arrêtaient pas !

Le plus étonnant, est de faire coïncider une carte géologique avec une carte administrative.

A l’Ouest, le granite cède peu à peu la place au calcaire qui voit sa qualité et sa profondeur augmenter au fur et à mesure qu’il va vers l’Est, où se trouve les premières traces d’un des bassins du territoire national.

Nous revoici donc dans une zone de transition, de « marches » géologique.

Il est étonnant d’observer une telle similitude : tant géologiquement qu’historiquement, ma région se situe sur des frontières.

J’espère malgré tout que nous ne sommes pas uniquement ce sur quoi nous marchons, sinon c’est à désespérer de toute initiative et de toute tentative pour faire évoluer notre situation !

Je vais relire Montesquieu afin de connaître sa réponse…

Et vous, ami lecteur, où posez-vous vos pieds ?

Fultrix.

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European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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