De la détestable banalisation de l’extrémisme politique


Un reportage télévisé (envoyé spécial A2 jeudi 31/03) rapportant la réussite électorale du FN dans un patelin ordinaire est parvenu à me faire vouer aux Gémonies, journalistes, électeurs, candidats.

Je ne parviens pas à comprendre ce qui motive un tel choix politique (sauf à pratiquer un raisonnement a contrario) par ignorance, comme une « défaite de la pensée » chez l’électeur-type.

Il apparaitrait ainsi que dans une localité sans difficulté majeure (sociale, pénale …), des citoyens inquiets (rapport du médiateur de la République 2010), après avoir « essayé » une municipalité devenue rose et un département bleu, profitent des élections cantonales pour voter massivement pour le candidat extrême.

Quel est son projet pour le canton ? Quel est le discours ? Il n’y a pas de propositions, juste du « réchauffé ».

Quel est son « profil » ? Mystère ! Il n’y a pas de photographie.

Combien de réunions locales ? Aucune !

Les tracts reprennent la glose habituelle tandis que la candidate est une parfaite inconnue, sans photographie et sous son nom de jeune fille pour rester la plus transparente possible.

Aucune réunion locale pour se faire connaître ou débattre.

Eh bien, malgré cette absence remarquable le résultat est impressionnant : plus de 40% des voix !

Ceci m’amène à faire deux types de réflexions, l’une concerne les électeurs, l’autre la formation politique.

Par rapport aux électeurs :

Ils ignorent visiblement tout des collectivités territoriales locales. Ils ne savent pas à quoi sert le département et semblent dépourvus de curiosité.

Faute d’être « concernés » par le département et à défaut d’ignorer les conséquences que peuvent avoir leurs votes, ils doivent se croire autorisés à faire ce que bon leur semble.

La formation politique privilégiée ne les inquiète pas, comme s’ils n’avaient pas appris ou subis l’Histoire. Ils apparaissent dépourvus du sens historique.

Ils ignorent également, sans doute, qu’à chaque voix obtenue, les formations politiques reçoivent au prorata des résultats, des financements de la part de l’Etat.

Par contre, je ne doute pas qu’ils rouspèteront lors qu’ils seront confrontés au dégradations de la route lorsqu’elle sera mal entretenue ou prise par la neige …

La façon dont est abordé le vote me fait penser à une attitude puérile du type « je suis insatisfait donc je fais une bêtise afin que l’on s’intéresse à moi ».

Cela ne me paraît pas compatible avec ce que l’on est en droit d’attendre d’adultes, majeurs, disposant du droit de vote et qui se revendiquent comme CITOYEN.

Par rapport à la formation politique :

Elle connait l’enjeu d’une cantonale : avoir un vivier de parrains pour les 500 signatures.

Ces dernières permettent aux candidats d’avoir le droit de se présenter aux élections présidentielles.

Tout l’enjeu est là, d’ailleurs.

Elle apparaît mépriser la fonction de « représentation élective » voire la démocratie même.

Pourquoi ?

Parce qu’une forte proportion de ses candidats sont « fantomes », faute de photographie sur les affiches permettant de mettre un nom sur un visage.

Parce qu’aussi, la plupart des candidats de ce parti que l’on entend dans le reportage, ou dont les propos sont rapportés, se déclarent soulagés de ne pas avoir été élus …

Alors pourquoi s’être présenté, alors ?!

Nous avons donc des candidats ne se sentant ni investis, ni intéressés par la fonction pour laquelle ils concourent. C’est du mépris pour les électeurs, d’autant qu’ils ne font pas campagne, n’assument pas leur identité et ne se risquent pas au regard du public.

Les candidats m’apparaissent comme se cachant derrière le chef du parti. Ils ont peur par nature, envers la vie quotidienne mais aussi envers les autres.

Or, faire de la politique, c’est s’exposer et prendre des risques.

Ce qui me fait mal, c’est que ceux qui votent pour ces gens-là, parce qu’il sont malheureux, ne trouveront pas le réconfort dont ils ont tant besoin.

C’est une véritable escroquerie dont ils n’ont même pas conscience.

Fultrix.

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A propos fultrix

European civis sum ! Είμαι Ευρωπαίος πολίτης !
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2 commentaires pour De la détestable banalisation de l’extrémisme politique

  1. Cela me fait souvenir d’un article sur les élections locales aux Etats Unis ,on y relatait qu’un mec inconnu de la population , ni républicain , ni démocrate , et surtout sans programme s’est fait élire sans campagne . Comme je suis sensible aux questions de démocratie, cet article avait évidemment attiré mon attention, ma vieille mémoire me rappelle que j’ai peut être lu ça cet été dans le Devoir le journal quebecois, c’était délicieux de deviner l’étonnement du journaliste. Ouah!!! Comment ce fait -il ? Le bulletin de l’inconnu arrivait-il en premier à coté de l’isoloir dictant ainsi le choix ? il faudrait que je retrouve ma source, ou la coupure de journal et donner le nom de l’illustre pour faire vrai mais question rangement je suis plutôt nullard. Reste que j’en ai gardé la cuisante leçon : on peut s’attendre à tout en politique même et surtout en matière d’élections …. par exemple un chef d’Etat qui refuse des résultats qui lui sont défavorables et c’est une guerre civile …
    christian

  2. Ping : Ce que voter "Extrême-droite" implique. | Calami, ite !

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